Swiss devra quitter l’Euroairport (Edition 2014-29)

La compagnie helvétique fera place à Eurowings, consœur du groupe Lufthansa.

L’information n’a pas été communiquée de la manière la plus claire. Pourtant la réalité est simple: Swiss devra cesser ses opérations de vol à Bâle pour que, dès 2015, Eurowings puisse y opérer avec ses propres appareils (entre deux et quatre pour un total de 600 places). Au final, la capacité ac-tuelle de Swiss y serait donc triplée. Pour autant, la décision est bel et bien le fruit d’une concertation, comme nous le précise Mehdi Guenin, porte-parole de Swiss International Air Lines: «Il ne s’agit pas d’un diktat, mais d’une solution trouvée pour Bâle au sein du groupe Lufthansa. Swiss a été mise à contribution au sein d’un groupe de travail. La décision n’est donc en aucun cas unilatérale.»

Les critères de rentabilité sont les premiers avancés. «Nous ne pouvons maintenir un concept comme le nôtre à Bâle. D’une part le développement est impossible et d’autre part, nous affichons des pertes continues sur cet aéroport.» A l’Euroairport, le groupe Lufthansa totalise environ 10% de parts de marché, tandis que celles de Swiss uniquement ne représentent plus que 4,8% en 2013 (2009: 9,3%). La situation actuelle rend donc la lutte plutôt difficile. «En Suisse, les trois aéroports principaux offrent une configuration différente. L’Euroairport est un aéroport trinational et les compagnies Low Cost y sont très bien implantées. De plus, la concurrence dispose de conditions cadres différentes. Aussi, le seul moyen de lutter est de se doter des mêmes atouts.»

Pour le moment, l’avenir de la structure à Bâle n’est encore pas totalement défini. «Le siège principal qui compte 370 collaborateurs n’est pas concerné par ce retrait. Quant aux collaborateurs de l’opérationnel, il est trop tôt pour avoir plus de détail. Tout doit encore être mise en place. D’ici la fin de l’année, un groupe de travail va être formé pour clarifier tout cela.» Principale compagnie active à Bâle, Easyjet peut donc se conforter dans sa place de numéro un. Thomas Haagensen, directeur commercial Europe du Nord, indique: «Ce n’est pas complètement un hasard si cela commence à Bâle. Notre stratégie là-bas ne varie pas: nous ne dévions pas de notre route et ne changerons rien.» Du côté de l’Euroairport, la nouvelle est plutôt positive. «Le stationnement de 2 à 4 avions de type Airbus A320 à la place des 2 Avro actuels augmentera la capacité des sièges et donc la compétitivité. De plus, les A320 sont des avions plus modernes et moins bruyants. Ce qui est important pour nous, c’est le maintien de la connectivité au niveau européen et l’extension d’une offre de vols à des prix attractifs.» 

CD