Une motion pour durcir la LVF (Edition 2014-37)

L’interpellation lancée au Conseil fédéral en mars par la Conseillère nationale Christa Markwalder (PLR, BE) n’est pas restée lettre morte. La machine est lancée.

Après avoir consulté l’état-major de la Fédération suisse du voyage (FSV), Christa Markwalder déposait un texte intitulé «Loi fédérale sur les voyages à forfait – exécution lacunaire» et invitait le Conseil fédéral à répondre à quatre questions précises portant principalement sur le manque d’outils permettant l’application stricte d’une loi intro-duite en 1992. 

C’est principalement le non-respect de l’article 18 de la Loi sur les voyages à forfait (LVF) qui est visé dans cette intervention. Là, le Conseil fédéral admet qu’aucun mécanisme ne permet en Suisse de s’assurer que ledit article (couverture des fonds de la clientèle en cas de faillite ou d’insolvabilité) soit respecté et que les consommateurs soient ainsi bien protégés. La LVF relevant du droit civil, le Conseil fédéral précise que le Parlement a décidé en 1992 que son exécution était l’affaire des consommateurs. 

Le Conseil fédéral estime par ailleurs qu’il n’est pas exclu qu’un organisateur de voyages «puisse tirer un avantage concurrentiel du non-respect de son obligation légale», mais que cet avantage est difficile à évaluer. Walter Kunz, directeur de la FSV: «Les agences ne remplissant pas l’obligation légale tirent un avantage concurrentiel certain: elles n’ont pas à supporter certains coûts comme les cotisations annuelles, la garantie bancaire ou un compte bloqué.» L’exploitation d’une agence de voyages n’étant soumise à aucune autorisation, la mise en place d’un organe officiel de contrôle «nécessiterait un travail bureaucratique disproportionné», peut-on lire plus loin dans la réponse du Conseil fédéral. 

En conclusion, le Conseil fédéral parle d’une solution plus facile à appliquer: punir pénalement le non-respect de l’article 18. «La protection des clients et la concurrence fair-play entres les agences doivent être au cœur de la LVF. C’est dans cette direction qu’il convient d’aller: mettre en place un organe de contrôle appliquant de vraies sanctions sous la forme d’amendes salées», martèle Walter Kunz. La motion que déposera Christa Markwalder ira dans ce sens.

Dominique Sudan