Après 20 ans de bons et loyaux services, le système de Touroperating «Komet» était arrivé en bout de course. Avec «Tango», Kuoni lui a donné un successeur censé combiner les produits dynamiques et loffre traditionnelle. Le nouveau système a été activé en milieu dannée, avec des tests progressifs effectués en juillet par Asia365 et le Ticket Shop, plus tard par lArabie et les Caraïbes. Mais, à ce jour, Tango est loin de faire lunanimité dans le do-maine B2B, les agents de voyages mettant le doigt sur de nombreuses maladies denfance empêchant lutilisation optimale du système.
À travers toute la Suisse, les exemples sont légion, de freins ou dobstacles à la vente quentraînerait Tango: impossibilité de réserver un hôtel pour 15 jours et davantage; vols à réserver séparément, y compris lorsquil sagit de forfaits; disparition sur Cets des produits chargés sur Tango; divers problèmes techniques en termes de disponibilité; cette liste est longue, mais nullement exhaustive. Pour Kuoni, le risque de «shifting» est donc élevé, certaines agences de voyages se tournant de plus en plus souvent vers dautres producteurs, à limage dHelbling Reisen, à Gossau.
Auprès de LEsprit du Voyage, à Fribourg, Florence Inäbnit ne cache pas sa frustration face à Tango, tout en admettant que lidée qui est à la base du nouveau système est loin dêtre mauvaise: «En termes de performance, le défaut majeur est la lenteur du système. De nos jours, il est impossible de travailler de cette façon-là: Tango ne permet pas de procéder rapidement à des comparatifs doffres, ce qui reste la base de notre conseil. Dans le domaine de la location de voitures, la journée de Tango prend fin à 20h30; en clair, un client ne pourrait pas prendre possession de son véhicule dans un aéroport ni le restituer au-delà de cette limite, ce qui est aberrant. Et je ne suis pas certaine que le système sera réellement performant au final. Nous avons dailleurs attiré lattention de Kuoni sur le risque de perte de chiffre daffaires encouru en raison des failles de Tango.»
Kuoni Suisse est conscient des maladies denfance de son nouveau bébé. Marcel Bürgin, CEO: «Cest surtout au début que la vitesse posait problème. Cest aussi lié à la façon de rechercher les produits. Nous travaillons aux amé-liorations requises, lobjectif visé consistant finalement à arriver plus vite au but grâce à cette logique de recherche. Mais le système autorise aussi des recherches au-delà de deux semaines. Nous lexpliquons en détail dans le cadre de nos formations.»
DS

