«Depuis que le BSP est à Madrid, c’est du olé olé» (Edition 2015-07)

Depuis le déménagement à Madrid, nombreux sont les professionnels à avoir rencontré des difficultés avec IATA.

Trinidad Alonso, quels sont les principaux changements depuis que le BSP a quitté Genève pour Madrid?

Depuis qu’ils ont quitté la Suisse, c’est du olé olé, en raison d’une méconnaissance des lois du pays. Nous restons des sociétés anonymes et sommes régis par la loi suisse et non par la loi de l’IATA! Et comme nul n’est censé ignorer la loi…

Nous vivons dans un pays où les choses fonctionnent en général bien, par rapport à l’Europe. Nous disposons d’outils à consulter sur Internet, tels le registre du commerce, les statuts d’une société, ainsi que le régime légal des sociétés anonymes et de tout autre type de société.

Les professionnels parlent de plu-sieurs dysfonctionnements.
Lesquels en particulier?

Comme chacun le sait, toute information importante doit être communiquée par recommandé et non par Internet. Or l’IATA nous demande d’envoyer nos bilans et tous nos documents confidentiels par Internet (risque de piratage, aucune sécurité, aucune confirmation que tout est en ordre, à part une machine qui vous dit que les documents ont bien été reçus). En cas de litige, j’estime que ce n’est pas un document valable. De plus, l’IATA nous met en garde face aux problèmes de piratage de son propre site. C’est un comble! Je suis d’accord que la technologie nous permet d’avancer, mais ici il s’agit de documents confidentiels et de survie de PME en cas de piratage ou de cybercriminalité.

Et dans votre cas précis?

Pour une société qui a fait son Opting-out selon une déclaration du 26.6.2011, il est renoncé à un contrôle restreint – cette démarche a été faite devant notaire. Or, en 2013, l’IATA me demande de fournir par e-mail l’attestation de la fiduciaire. Je leur envoie immédiatement l’extrait du registre du commerce en insistant sur le fait qu’ils disposent des comptes depuis 2011, mais se manifestent deux ans plus tard. Comme je n’ai pas été en mesure de fournir ce certificat, ma licence IATA a été coupée.

Cette coupure, qui n’est l’affaire que d’un e-mail envoyé par l’IATA à toutes les compagnies aériennes, entraîne beau-coup de problèmes et de travail administratif pour une société comme la nôtre, qui doit ensuite demander à chaque airline de réactiver la plaque auprès du BSP Suisse. Au-delà de ça, l’IATA a découvert le 30 décembre 2014 que je suis l’actionnaire unique dans la société depuis le juin 2004 et me demande des explications à ce sujet! 

Lorsqu’on parle de BSP, la proximité joue-t-elle encore un rôle aujourd’hui, avec tous les outils technologiques que l’on connaît?

Non. Tout ce dont on a besoin, c’est de disposer d’interlocuteurs qui connaissent les lois suisses et la façon de travailler dans notre pays.

Avez-vous connaissance d’autres problèmes précis rencontrés par des collègues/concurrents?

Je crois que nous sommes tous face aux mêmes problèmes. Certains plus que d’autres!

Que souhaitez-vous améliorer?

Pouvoir compter sur des personnes qui répondent dans la journée aux problèmes des professionnels et qui connaissent le marché.

DS