Lorsquil entra lan dernier à létat-major de la compagnie régionale bernoise, dabord comme vice-président puis en tant que CEO, Martin Inäbnit, qui a aussi repris entre-temps la casquette de président du conseil dadministration, navait pas caché que les chantiers dont il avait à soccuper étaient multiples, mais quil demeurait résolument confiant face à lavenir. Il convient de rappeler quil reprenait alors une compagnie qui, sous sa précédente direction, avait opté pour une croissance effrénée, avec tous les risques financiers que cela présupposait. Le pire a été évité, grâce à cet ancien de Crossair et Swiss qui a été contraint de nettoyer les écuries dAugias.
Martin Inäbnit vient dobtenir un premier succès: comme il lannonçait il y a deux semaines, Skywork Airlines a enregistré en 2014 le premier bénéfice brut de son histoire. Mais, précisait-il en même temps, il y a encore du pain sur planche pour assainir complètement la situation tant le poids danciennes charges demeure lourd.
Alors que le réseau de lignes depuis Berne/Belp était réduit de trente-quatre à dix-huit destinations lan dernier il demeure pour linstant en létat , Skywork entend aujourdhui renforcer le segment charter en collaboration avec différents tour-opérateurs. Parmi les nouvelles rotations programmées en été figurent, entre autres, Jersey avec Belpmoos Reisen et Heringsdorf avec Railtour. Mais il ne sagit que dune partie de loffre proposée, Skywork entendant aussi développer des opérations orientées sur lévénementiel.
Au menu figurent le Military Tattoo à Edimbourg, différents meetings aériens en Europe, des programmes Wine & Dine et des grands événements sportifs comme le Championnat du monde de hockey sur glace à Prague, la Formule 1 dans le temple de Monza ou les matchs qualificatifs de léquipe de Suisse de football en prévision de lEuro 2016, dont la phase finale se déroulera en France. Autant dévénements qui, en raison de la proximité de laéroport bernois, sont aussi susceptibles dintéresser une partie de la Suisse romande.
Au niveau opérationnel, Skywork planche sur un autre défi à relever: les cinq Fairchild Dornier 328 dont la compagnie est propriétaire depuis le début de lannée disposent dune capacité trop réduite et devront, à terme, être remplacés par des appareils de 50 sièges. Ces derniers devront toutefois répondre à deux critères: garantir un rayon daction suffisant et voler à la vitesse souhaitée.
Le CEO de Skywork Airlines ne sen cache pas: le Saab 2000 constitue le seul candidat à la succession. Des appareils de ce type, qui volent actuellement pour le compte de Darwin/Etihad Regional, pourraient faire laffaire. Mais en raison de lopacité de la situation, aucune poursuite des négociations nest actuellement possible.
DS

