Avec sa position géographique au milieu de lUnion européenne, la Suisse a tout intérêt à surveiller ce qui se passe au-delà de ses frontières. Les discussions actuelles qui animent le ciel dEurope pourraient tôt ou tard devenir un thème dactualité pour nous aussi. Le point sur les discus-sions en cours sur lavenir de la réglementation de lespace aérien de lUE et du trafic aérien.
Single European Sky: lunification de lespace aérien européen est un thème en travaux depuis 16 ans. Lobjectif est daméliorer la gestion du trafic pour une meilleure sécurité et une réduction des retards, grâce notamment à des routes aériennes plus directes et des temps de vols réduits en conséquence. Aujourdhui, plus de 60 services de sécurité aé-rienne avec des systèmes différents. Si le Single European Sky est vu comme le «Saint Graal» pouvant résoudre nombre de problèmes et apte à remettre laviation européenne à flot, il a aussi suscité lire des contrô-leurs aériens. Ceux-ci ont manifesté avec diverses grèves, craignant des suppressions demploi et des baisses de salaire. Actuellement, ce thème se compose avant tout dexigences comme celles de la BDF allemande («Nous exigeons une mise en place rapide») ou Easyjet («pas de licenciement de contrôleurs aériens, garantie de la souveraineté de lespace aé-rien»). Récemment, un comité de compagnies aériennes mis en place par la Commission européenne en est arrivé à la conclusion que lEurope doit investir CHF 860 millions pour la mise en place de 110 projets si elle veut accélérer le Single European Sky.
Droits des passagers: la Commis-sion européenne travaille actuellement à la révision de lordonnance sur les droits des passagers de laérien. Les points de discorde sont: la possibilité de demander un dédommagement pour le retard dun appareil dès 3 heures au lieu de 5 actuellement, les défauts techniques survenant durant le vol devraient dégager la compagnie de tout devoir de dédommagement et les compagnies de-vraient pouvoir désormais faire attendre les passagers jusquà cinq heures dans lappareil sur le tarmac.
De plus, les passagers ne devraient avoir plus que trois mois pour faire valoir leurs droits. Cela sappliquerait également à la Suisse. Cependant, il faudra encore attendre. Depuis lété dernier, les négociations sont au point mort et la Commission européenne a écarté le thème de lordre du jour. Officiellement, cette déci-sion est liée au fait que lEspagne et la Grande-Bretagne ne peuvent saccorder sur le statut de Gibraltar. Mais cela nest probablement pas lunique raison.
Données des passagers: la livraison des données de passagers aux gouvernements est dactualité en Suisse, le dernier cas remonte à décembre 2014 avec la Russie. Depuis trois ans déjà, lUE discute de léchange de données des passagers autrement dit du nom, de ladresse, du numéro de carte de crédit, des préférences de repas, etc. Là aussi, la Commission européenne, le Parlement européen et les pays membres se neutralisent lun et lautre. Les partisans parlent de la lutte contre le terrorisme, tandis que les opposants de la protection des données. Dici au mois de mai, Bruxelles devrait présenter un concept complet de sécurité.
Crash de Germanwings: lassociation aérienne allemande BDL a mis en place une taskforce qui examine sil faut changer les fonctions de sécurité de la porte du cockpit et comment améliorer lexamen et le suivi de laptitude à voler des pilotes.
Cédric Diserens/Stefan Jäggi

