CFF: apprentis touchés (Edition 2015-23)

La fermeture des agences réduira de 15 à 20% le nombre de jeunes en formation.

En termes de distribution, la décision des CFF de fermer 30 agences de voyages d’ici au 31 décembre concerne directement de nom-breux producteurs, mais à des degrés divers. Mais c’est en premier lieu la relève qui fera les frais de cette décision, qui a fait l’effet d’une bombe il y a deux semaines.

Chez les TOs, le duo spécialisé Frantour/Railtour est bien entendu directement touché par cette fermeture: «Le réseau d’agences de voyages CFF représente environ un tiers de notre chiffre d’affaires. Nos ventes sur le site Internet des CFF sont en fort développement, une évolution amenée à s’amplifier mais qui n’atteindra pas dans un délai aussi court le volume généré aujourd’hui par les agences. Nous travaillons actuellement sur les mesures de compensation», explique Christine Ruph, directrice de Frantour/Railtour en Suisse romande.

Chez Kontiki, la situation est beaucoup plus problématique: le spé-cialiste de l’Europe du Nord, qui proposait depuis plusieurs années des voyages de groupes ou des voyages lecteurs accompagnés (Laponie, Hurtigruten, Norvège) en exclusivité avec les CFF, perdra ce canal de distribution. Mais, dans le cadre de la procédure de la vente des activités de Touroperating de Kuoni Suisse, Kontiki ne souhaite pas indiquer de combien de voyages il s’agit et à combien se chiffre le volume en question. «Nous discutons actuellement de quelle ma-nière il conviendra de maintenir ces activités», commente Bruno Bissig, directeur de Kontiki. 

Du côté de la formation, la situa-tion n’est guère meilleure, selon Stéphane Jayet, chef de la Forma-tion en Suisse romande: «Avec cette fermeture de points de formation, il faudra compter avec 15% à 20% d’apprentis en moins, selon les
cycles, pour la Suisse romande. Je ne peux qu’espérer que cette situation provoquera un électrochoc sur certains réseaux ou groupements d’agences. Outre la fraîcheur (et certains groupement d’agences en auraient besoin) que nous apporte la jeunesse, il s’agit d’un devoir de formation qui devrait être accompli. Et je ne parle pas seulement des cadres issus de l’apprentissage et qui ont vite oublié d’où ils viennent et grâce à qui ils ont atteint leur position d’aujourd’hui. Je déplore que certaines agences ne forment personne, même si je comprends parfaitement que toutes ne peuvent pas le faire. Nous avons un fabuleux outil social, de formation, de développement et d’épanouissement personnel faisant ses preuves au niveau économique. Ce système dual nous est envié par bon nom-bre de pays, mais certains ont encore de la peine à en prendre con-science.»

DS