Voyages à forfait: la Suisse s’adaptera à l’Europe (Edition 2015-23)

La révision de la directive européenne sur les voyages à forfait est presque sous toit.

Lancée il y a plusieurs mois, la révision de la directive européenne sur les voyages à forfait a, longtemps, fait l’objet de discussions stériles. Au début du mois de mai, la Commission européenne, le Conseil et le Parlement européens sont enfin parvenus à un compromis. 

Un premier pas important est donc accompli, en dépit du fait que les revendications de l’association faîtière ECTAA (European Travel Agents’ and Tour Operators’ Associations) n’ont pas toutes été prises en compte.

Parmi les points principaux appelés à être modifiés, il convient d’indiquer que les voyages d’affaires restent exclus de la directive en question. Autre élément qualifié de positif par la Fédération suisse du voyage (FSV), le fait que les sociétés proposant des offres «click through», par exemple les compagnies aériennes transmettant les données complètes de la carte de crédit du client à divers prestataires de services, tombent elles aussi sous le coup de la directive sur les voyages à forfait. 

«En revanche, les sites Internet des airlines qui proposent un lien direct avec des entreprises de location de voitures ou des hôtels, mais où le client doit réin-troduire toutes ses données afin de procéder à la réservation d’un véhicule ou d’une chambre, ne consti-tuent pas un voyage à forfait et ne sont pas concernés par cette révision», précise Walter Kunz, directeur de la FSV.

Pour contourner la chose, certaines compagnies aériennes, à l’image d’Easy-jet depuis mars de l’année dernière, sont toujours plus nombreuses à créer une entité séparée sous l’ap-pellation «Holidays», ceci afin de faire la distinction entre ces prestations an-nexes et l’aérien pur. En revanche, un point qualifié de négatif concerne les frais générés par des événements imprévus survenant au cours d’un voyage (frais d’hôtel jusqu’à trois nuitées, vols de remplacement, etc.): dans sa nouvelle mouture, la directive européenne prévoit que ces frais soient désormais à la charge de l’organisateur – sur cet aspect, l’ombudsman de la branche. Franco Muff rappelle qu’en Suisse on a jusqu’ici fait preuve d’une certaine souplesse en pareil cas et que ce n’est qu’en cas extrêmes que les coûts ont été jusqu’ici partagés avec le client.

À ce jour, la version finale de la directive modifiée n’a pas encore été adoptée. Mais l’entrée en vigueur doit se faire d’ici 2017. D’ordinaire, la Suisse reprend ensuite la nouvelle direction, à quelques adaptations près.

DS