Hotelplan Suisse va introduire une «taxe de complexité» (Edition 2015-31)

La charge de travail induite par la vente de Swiss et de Lufthansa sera ainsi facturée au client.

Dans un courrier rédigé pour ses collaborateurs et partenaires, Hotelplan Suisse, par la voix de son CEO Kurt Eberhard, a tenu à faire le point sur la situation de la future Distribution Cost Charge (DCC). Il souligne notamment l’attitude des compagnies qualifiée de «méprisante et ne faisant preuve d’aucune bonne volonté dans la recherche d’un compromis». Il précise également que parmi les propositions faites, tant de report de l’introduction de la taxe à mars 2016 que la reconsidération du prix de la taxe à CHF 9.- sur l’ensemble des tarifs (y compris les réservations directes) au lieu de CHF 16.- pour les tarifs en GDS, ont été rejetés par Swiss et qualifiés «d’inapplicables».

Pour Kurt Eberhard, la disparité des prix annoncée dès le 1er septembre a un potentiel de véritable guerre commerciale, dans la mesure où aucune solution technologique n’est en vue. Il relève en outre, se basant sur les déclarations de Markus Binkert publiée dans l’édition alémanique de TRAVEL INSIDE du 9 juillet dernier, selon lesquelles les négociations avec Hotelplan étaient «bien avancées», que personne au sein d’Hotelplan n’était au courant de ces dernières.

Fort de ce constat et face à un refus de négocier, Hotelplan Suisse a donc décidé d’une part de ne pas boycotter le groupe Lufthansa, mais de préciser au client que ce dernier n’est pas obligatoirement la solution la plus avantageuse, ni la moins chère. A cela s’ajoutent la menace de future grève chez Lufthansa avec les risques de désagréments qui peuvent en découler.

A cela s’ajoute une mesure concrète sous la forme d’un supplément de complexité qui sera facturé 10 francs et qui s’ajoutera aux 16 francs de la taxe GDS. «Il ne s’agit pas en ce sens d’une sanction à l’égard de Swiss et Lufthansa, mais de couvrir les frais véritables qui découlent du travail supplémentaire liés à la complexité croissante des processus et à l’explication des prix vis-à-vis du client. Si nous constations que ce montant ne suffisait pas, nous nous réservons le droit de l’augmenter.»

Pour Hotelplan, chacun doit décider seul s’il veut agir et de quelle manière. Il ne s’agit donc pas d’un appel au boycott. Le TO rappelle que la Fédération suisse du voyage (FSV) examine de son côté les possibles recours juridiques, tout en restant coordonnée avec les autres fédération au niveau européen. Vendredi dernier, l’association faîtière ECTAA a d’ailleurs indiqué avoir déposé formellement plainte auprès de la Commission européenne (Direction générale de la mobilité et des transports) contre Lufthansa. Il s’agira alors d’examiner si lhgroup-agent.com crée une de discrimination entre les différents canaux de distribution.

Cédric Diserens