
Willie Walsh, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), a pointé du doigt un système qui contraint les compagnies aériennes à couvrir des coûts substantiels résultant de facteurs échappant à leur contrôle. La récente panne du contrôle du trafic aérien britannique (lundi 28 août dernier) devrait avoir pour conséquence des coûts d’un peu plus de 111,5 millions de francs.
Il a également souligné que les compagnies aériennes membres, accablées par des factures considérables, se heurtent à la frustration et au ressentiment dus aux réglementations qui entravent pratiquement leur capacité à recouvrer ces pertes financières.
Pour lui, la compagnie responsable de la panne doit assumer la responsabilité financière des perturbations généralisées des vols de lundi. En outre, des protocoles doivent être mis en place afin d’éviter le transfert de ces charges financières sur les compagnies aériennes.
De son côté, National Air Traffic Services (Nats), entité responsable du contrôle du trafic aérien au Royaume-Uni, a présenté ses excuses aux clients concernés, y compris à ceux qui sont toujours bloqués à l’étranger.
Willie Walsh juge «très injuste» le fait que Nats n’ait pas à assumer la responsabilité financière de ce problème. «L’impact des annulations sur des centaines de milliers de clients et les retards qui en découlent pour des centaines de milliers d’autres doivent être reconnus. Les perturbations qui en résultent sont en effet considérables.» Il ajoute: «Le cœur de cette situation difficile est une défaillance qui aurait pu être évitée, et Nats devrait en être tenu pour responsable.»
Actuellement, la CAA mène une enquête sur cette perturbation, qui a entraîné l’annulation de plus de 1’000 vols sur plusieurs jours. Le gouvernement britannique a exclu la possibilité qu’une cyberattaque soit à l’origine du problème.
Selon les rapports, une entrée erronée d’une compagnie aérienne française dans le système de contrôle du trafic aérien pourrait avoir déclenché l’arrêt. Il a donc fallu procéder à une saisie manuelle des données, ce qui a entraîné des retards importants et une vague d’annulations de vols.
Toutefois, Willie Walsh met en doute le fait qu’une simple entrée de données incorrecte puisse déclencher un effondrement complet du système. Selon lui, la conception du système aurait dû inclure des garanties contre l’acceptation de données inexactes.
(TI)
