Ad gentes, l’âge de maturité (Edition 2010-41)

En 1998, Alexandre Python donnait naissance à Ad gentes.
De prime abord, rien ne prédestinait Alexandre Python à diriger un jour une PME active dans le domaine des voyages. Il convient d’avouer que le Fribourgeois est un personnage atypique: charpentier de formation, il est également licencié en philosophie, titre qu’il obtint à l’époque à Namur. Féru de chant, il découvre Rome lors d’une tournée de concerts alors qu’il n’était âgé que de huit ans. Le déclic opère immédiatement.

«Depuis ce moment précis, j’ai aimé les voyages et j’ai voyagé le plus possible. A une certaine époque, j’ai même voulu être steward. Mais je n’avais peut-être pas le profil requis», sourit Alexandre Python. Ad gentes naîtra en 1998.

Dans le Tour Operating, l’Asie (Inde, Philippines, Thaïlande, Indochine) et le Cap-Vert sont les deux destinations du TO sis à Genève. Les offres sont contenues dans deux catalogues de 64 et 16 pages, respectivement. «Nul besoin de les diffuser sur un rythme annuel puisque, de toute manière, les tarifs sont actualisés en permanence. De plus, ces brochures ne donnent qu’une idée de ce qu’il est possible de réaliser. Nous fonctionnons à la carte et, en deux ans, je crois que nous n’avons finalement vendu qu’un seul circuit tel qu’il se présente dans la brochure.»

Sur les Philippines par exemple, Ad gentes est devenu une référence en Suisse romande et fonctionne quasiment comme l’office de tourisme du pays. De plus, le TO ne tient nullement à se disperser sur l’ensemble du continent asiatique: «Nous ne publions que ce nous maîtrisons parfaitement. Sur d’autres destinations, des entreprises sont beaucoup plus pointues et c’est cette complémentarité qui nous est chère. Mieux vaut consolider que s’étendre sans trop de discernement: le gâteau ne grandit pas», insiste Alexandre Python.

En termes de Tour Operating, la production maison est désormais distribuée à parts égales par les agences de voyages romandes, y compris certaines succursales de grands réseaux, et les deux agences Ad gentes de Genève et Montreux. «Dans tous les cas, nous vendons des pays ‹passion›, avec tout ce que cela implique. Lors de nos voyages d’études par exemple, nous ne visitons pas douze hôtels par jour mais apprenons à découvrir le pays.»

Le soin du détail se traduit aussi par une approche sensiblement différente: sur le Cap-Vert, Ad gentes propose à ses clients un prix total englobant le visa à l’arrivée, les transferts et l’utilisation de la chambre d’hôtel durant toute la journée précédant le départ très tardif de l’avion. Alexandre Python précise que le prix final est peut-être plus élevé que celui de la concurrence mais qu’il évite bien des désagréments au client, lequel a le choix de renoncer aux prestations proposées et, par conséquent, de voir le prix final se réduire d’autant, avec les inconvénients sur place. «Nous essayons d’offrir le meilleur et de rester très fair-play dans tous les domaines. Telle est notre philosophie.» Une approche qui rime aussi avec éthique: en affichant clairement son opposition au tourisme sexuel et en jouant la carte de la protection de l’enfance avec Ecpat, Ad gentes s’est vu refuser de vente par deux agences, à Bâle et Lausanne.

Dominique Sudan

12% de commission sur le tout

Alexandre Python résume la philosophie d’Ad gentes en peu de mots: être à la tête d’une entreprise qui vive bien et qui emploie des collaborateurs s’y sentant: «L’accent est porté sur le service à la clientèle et aux agents, sur l’accueil et sur la qualité du produit fini. Nous privilégions une hôtellerie de charme et nous appuyons sur des guides francophones afin de répondre aux attentes de la clientèle romande.» 

En termes de commission, un taux minimum de 12% est accordé sur tous les produits. A partir d’un chiffre de 50 000 francs, un pour-cent supplémentaire est accordé aux distributeurs. Enfin, les agences TPA bénéficient de conditions spéciales.

DS

Cinq domaines d’activité entre Genève et Montreux

Tour Operating: deux axes de développement avec, d’un côté, l’Asie de l’Inde aux Philippines, et, de l’autre, l’archipel du Cap-Vert. Jean-Baptiste Richard est en charge du premier en tant que Product Manager Asie, Gabrielle Lehmann est responsable du Cap-Vert. Ad gentes publie également des flyers ponctuels après négociation de contingents avec certaines compagnies aériennes (Etihad Airways et Qatar Airways sur Phuket, Bangkok, les Philippines et certains circuits).

Retailing: aussi bien à Genève qu’à Montreux, distribution classique de produits tiers, la revente d’arrangements forfaitaires restant toutefois limitée. A Montreux, l’équipe d’Angelo Canero s’appuie essentiellement sur les nombreuses écoles internationales de la Riviera. La vente de billets d’avion génère le gros du volume parallèlement à l’organisation de tours à travers l’Europe destinés à cette clientèle estudiantine provenant d’outre-mer dans sa grande majorité.

Groupes: à connotation culturelle et non religieuse. 

Pèlerinages: l’inscription «agence de voyages chrétienne» suffit à expliquer cette activité. En Suisse romande, Ad gentes est également l’agent officiel de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ). Les rencontres ont lieu en Suisse et l’étranger (tous les deux ou trois ans). L’an passé ce fut Sydney.

Ethnique: l’entreprise traite aussi un volume relativement important sur le Cap-Vert, la Thaïlande et les Philippines.

DS