L’Outgoing est un segment décidément bien mal loti (Edition 2015-05)

Agences et TOs face à la baisse de l’euro

Non contents d’avoir à subir les pressions externes plus ou moins contrôlables, qu’elles soient le fait de gouvernements, de financiers ou d’éléments naturels, les agences de voyages et tour-opérateurs doivent également subir la pression de la clientèle, échantillon tiré de ce qu’on appellera volontiers le «grand public», mais qui n’a, hélas, pas d’autre vue d’ensemble que ce que l’on entend à la radio ou à la télévision et ce qu’on lit dans la presse quotidienne.

Sous son titre «Billiger in die Ferien» (publié le 16 janvier), le «Blick» s’em-pres-sait de préciser que «les fournisseurs de voyages profitent avant tout de l’euro bon marché». Sur les ondes des radios romandes, plusieurs animateurs n’ont pas hésité à faire un parallèle peut-être moins erroné, pensant que partir en vacances allait être moins cher. De là à en conclure que les agences de voyages se ré-joui-ront d’avoir plus de demandes, il n’y a qu’un pas.

Ce qu’on entend moins, en revanche, c’est que la baisse qui est répercutée par les tour-opérateurs se fait à perte, sur des marges déjà très faibles. Sans compter que cette décision n’est nullement un dû, mais un geste de bonne volonté envers les clients, ainsi que les partenaires. Ces mêmes partenaires se retrouvent entraînés par une masse de travail supplémentaire. Et quand bien même le nombre de clients ou de voyages viendrait à augmenter, le chiffre d’affaires restera en baisse.

De plus, il apparaît comme inévitable que les objectifs fixés pour l’année avec les différents fournisseurs ne pourront pas être atteints. En effet, une baisse aussi importante des prix va sans aucun doute avoir une répercussion sur les chiffres, même si l’euro venait à reprendre des forces d’ici la fin de l’année. Si les agences paient un certain tribut dans cette affaire, les tour-opérateurs classiques vont également en faire les frais. Dans ce cas de figure, les modèles appliquant des prix du jour sont les seuls à limiter les dégâts. Sans compter qu’en termes d’image, du point de vue de la clientèle, la différence ne se fait pas. L’un comme l’autre peuvent annoncer une répercussion des prix… sans que le consommateur ne réalise à quel coût celle-ci intervient.

Cédric Diserens