Résultats et avenir du groupe Kuoni (Edition 2015-13)

Des résultats qui restent à l’ombre du sujet de la vente

Les résultats de Kuoni Suisse montrent que le Touroperating a du potentiel et que l’affolement créé par la communication maladroite de l’information n’a pas vraiment de raison d’être. Alors bien sûr, l’été maussade de 2014 a sans nul doute contribué à faire voyager nos compatriotes vers d’autres latitudes plus clémentes. Cependant, les affaires semblent en bonne voie. Il ne reste qu’à espérer que l’annonce de la vente n’ait pas un impact trop important sur les résultats de l’année en cours. Marcel Bürgin parle d’une baisse de l’ordre d’un pourcentage à un chiffre au maximum, sans pouvoir garantir qu’elle ne soit pas également liée au taux de change.

Un coup d’œil sur les autres divisions montre notamment que le business lié aux visas est plus que rentable aujourd’hui. La progression est loin d’être inintéressante et à moins d’une simplification et une détente globale au niveau politique, il y a fort à parier que la tendance devrait se poursuivre pour un bon nombre d’années encore. Ce ne sont pas les acteurs du secteur des voyages d’affaires qui viendront affirmer le contraire. Mais derrière ces résultats, le thème de la vente, et par conséquent de la reprise des activités de Touroperating en Suisse, reste le sujet brûlant dont tout le monde parle.

Peter Meier, CEO du groupe Kuoni, l’a bien vu lors de la présentation des chiffres à Zurich. Cependant, rien n’a transpiré, si ce n’est que de nombreux intéressés se sont manifestés, plus ou moins ouvertement, dans les différents marchés. Les conditions de vente sont d’ailleurs attendues pour la première moitié d’avril. En Suisse, la question du repreneur anime les discussions dans la branche. Orascom? Hotelplan? Ce dernier a bel et bien manifesté publiquement son intérêt. Dans ce cas, on pourrait s’interroger sur la faisabilité d’une telle transaction vis-à-vis de la Comco.

Selon son porte-parole Patrik Ducrey, il ne devrait y avoir aucune raison de s’opposer à une telle transaction. Les conditions d’une «position dominante» sur le marché ne seraient en effet pas remplies ni du côté des chiffres d’affaires cumulés (qui se monteraient à environ 1,23 milliard de francs), ni du côté de la distribution où les deux réseaux regroupés ne totaliseraient que 26,7% de parts de marché – un résultat bien éloigné du seuil critique situé entre 40 et 45%.

Cédric Diserens