Après l’attentat de Tunis (Edition 2015-13)

Besoin de solidarité bien plus que d’élan de sympathie

Alors que la saison qui commence s’annonçait plutôt bien pour ce qui concerne les réservations provenant de Suisse, l’attentat de Tunis a touché le poumon économique du pays: déjà malmenée par l’instabilité politique qui suivit le Printemps arabe, l’industrie touristique tunisienne n’avait nul besoin de cette attaque aveugle. D’autant qu’elle reprenait des couleurs et visait, sur le marché suisse, une nouvelle croissance à deux chiffres que les réservations jusqu’à mi-mars auraient rendu possible. Aujourd’hui, il est tout simplement impossible d’établir un quelconque pro-nostic sur l’évolution des prochains mois. Tout est encore trop frais.

Si, à ce jour, les TOs ne déplorent aucune vague d’annulation, c’est en premier lieu grâce au DFAE qui ne déconseille pas la Tunisie. Mais qu’en sera-t-il des réservations portant les deux mois estivaux et, plus loin, sur ce mois d’octobre d’importance capitale pour les producteurs? Nul n’est en mesure de se prononcer à ce sujet. 

Aussi lâche soit-elle, l’attaque du Musée du Bardo est la première où des touristes sont l’unique cible des terroristes, effet déstabilisateur oblige. Jusqu’ici, la Révolu-tion s’était faite en douceur, sans incident de ce genre. Ceci explique aussi la confian-ce relative témoignée ces dernières années par la clientèle en cette destination Tunisie, qui volait de record en record jusqu’à la fin 2010. Aujourd’hui, chacun se forgera sa propre opinion. La principale faculté de la mémoire étant d’oublier, la Tunisie en bénéficiera-t-elle, comme en ont toujours bénéficié les grandes capitales européennes souvent touchées par de tels actes? C’est à souhaiter, sans oublier que l’on n’est ni à Madrid, Londres ou Paris, mais dans un pays d’Afrique du Nord.

Mais si ce drame a provoqué une grande vague de sympathie à travers le monde, c’est de solidarité dont le pays a urgemment besoin. Les tour-opérateurs, en maintenant leur production et leurs engagements aériens, montrent la voie à suivre. L’ONTT réajustera aussi sa stratégie en termes de communication. Car c’est bien de cela dont il s’agit: communiquer pour que la solidarité souhaitée prenne une forme concrète. Et souhaiter qu’aucun événement fâcheux ne se produise a court terme, ici ou ailleurs.