Réservations des Romands pour Pâques (Edition 2015-15)

La météo reste un moteur, mais l’aérien est à double tranchant

A prime abord, les ventes réalisées pour la période des vacances de Pâques n’annoncent pas de grands changements. Comme de coutume, la météo joue un rôle dans le désir de partir de nos compatriotes. Probablement que le changement d’horaire joue aussi en faveur d’un besoin de récupération et de repos. Seuls les passionnés de ski profitent encore des dernières neiges, les autres préfèrent fuir à la recherche du soleil et d’un climat plus doux. En témoignent les destinations privilégiées: Turquie, Chypre, Baléares, Canaries, mais aussi Tunisie.

Les villes sont également prisées et il ne fait aucun doute que l’offre aérienne en plein essor n’y est pas étrangère. Un développement qui est cependant à double tranchant, comme l’a été le développement du modèle Low Cost. D’une part, les destinations bénéficient d’un élément stimulant la clientèle. Le prix d’appel suffit à instaurer un réflexe de consommation qui abolit toute barrière géographique. Un week-end à Amsterdam, Londres ou Rome est devenu aussi anodin qu’une excursion en Suisse.

L’effet pervers est que si la clientèle ne se retient pas de voyager, elle n’hésite dans ce cas pas à le faire par elle-même, réservant vols et hôtel en direct. Par conséquence, le budget initialement consacré à un seul séjour d’une ou deux semaines s’éparpille dans plusieurs séjours de plus courte durée. Une tendance qui trouve son écho dans le mode de consommation du «zapping» où l’on consomme beaucoup, mais à petite dose, et surtout vite. Au final, l’offre aérienne au départ de Genève Aéroport se retrouve être à double tranchant.

Reste la confirmation d’une confiance inébranlée envers la Tunisie. Certes, Djerba n’est pas toute la Tunisie, mais l’attentat du musée Bardo n’a pas refroidi les vacanciers qui auraient aisément pu «oublier» que Tunis et Djerba ne sont pas voisines. Bien entendu, on peut se demander s’il en aurait été autrement en cas d’assouplissement des conditions de ventes des tour-opérateurs ou d’un changement de position de la part du DFAE. Une chose semble acquise: il n’est plus question de crise financière et les portemonnaies sont grand ouverts.

Cédric Diserens