Année record pour Genève Aéroport (Edition 2015-15)

L’Aile Est est d’une urgence absolue

A peine déposée auprès de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), la demande d’approbation des plans de la future Aile Est de l’aéroport de Genève avait entraîné onze oppositions émanant essentiellement des milieux écologiques et des associations de riverains. Mais grâce à ce qui fut presque un travail de Sisyphe, la direction de l’aéroport et l’OFAC ont réussi à convaincre un à un les opposants qui, collectivement, renonçaient en octobre dernier à former un recours contre ce projet indispensable pour Genève.

Cette nouvelle Aile Est n’est nullement un luxe pour l’aéroport de «la Genève Internationale». En effet, le traitement des gros-porteurs et de leurs passagers n’est pas digne d’un tel statut, et ce depuis des décennies. Pour mémoire, il convient de rappeler ici que cette aile orientée long-courrier remplacera un pavillon construit à titre provisoire dans les années 70… La levée des oppositions et le permis de construire délivré permettent aujourd’hui d’aller de l’avant et de traiter au plus vite les deux appels d’offre lancés récemment. Car 2016 est vraiment la date ultime pour le lancement de travaux gigantesques, qui dépendront bien entendu de l’exploitation ininterrompue de l’aéroport et dureront entre trois et quatre ans. 

Fort de ses résultats financiers et de ses chiffres records en termes de volume de trafic, Genève Aéroport ne joue plus dans la même catégorie depuis qu’il a franchi le seuil symbolique des quinze millions de passagers, avec un très faible taux de transferts. Il se doit donc d’offrir une carte de visite digne de ce nom à ses nombreux usagers et une infrastructure répondant aux standards de qualité des airlines qui le desservent. Même si nécessite parfois un certain temps.

A ce propos, il convient de rappeler une évidence aux esprits chagrins qui ne manquent pas de critiquer une partie de l’infrastructure actuelle, notamment le Terminal principal, et le retard pris dans certains projets: l’aéroport n’a aucune réserve foncière; il est tout simplement coincé entre une autoroute nord-sud, une gare ferroviaire, l’un des plus grands centres d’exposition d’Europe et la frontière française. Avec parfois ce zeste d’opposition pénalisant tout développement de l’infrastructure. Autant de paramètres figés ne laissant presque aucune marge de manœuvre en termes de développement. 

Dominique Sudan