Il y a deux décennies, les offices de tourisme étrangers, réunis au sein de la puissante mais défunte association AONTES, avaient tous pignon sur rue en Suisse. Certains dentre eux, par exemple la France, lItalie ou lEspagne, disposaient même dune double représentation helvétique, Genève et Zurich. Tempi passati. Internet et les différentes sources dinformation électroniques ont malheureusement sonné le glas de cette présence sur le terrain. Les budgets ont fondu, les bureaux se sont avérés un luxe et le nombre doffices de tourisme physiquement présents en Suisse sest ratatiné comme la fameuse peau de chagrin.
Aujourdhui, cest au tour dune importante destination touristique de fermer son antenne ainsi que celle de Vienne: au pire moment, lEgypte prend une décision qui accompagnera fort mal le plan de relance destiné à son importante industrie touristique. Dautres, certes, lon fait avant elle (Italie, Portugal, etc.), et ont confié leurs intérêts commerciaux à des agences de représentation touristique, ou ont opté pour des actions promotionnelles essentiellement B2C. Mais dans le cas de lEgypte, ce nest quavec lappui des spécialistes que la destination retrouvera son crédit dantan au-près de la clientèle et renouera avec ses résultats historiques en termes dentrées.
A chaque fermeture doffice de tourisme, cest la visibilité de la Suisse qui est menacée à léchelle mondiale. Lorsquil dépend de bureaux basés en Allemagne, notre pays est tout simplement étouffé par le potentiel de notre grand voisin et ne touche que la portion congrue en termes de budgets promotionnels et de soutien à la branche lorsquil en touche une! Et on ne parlera même pas de la Suisse romande qui nexiste pas, certains pays doutre-mer layant purement et simplement assimilée aux marchés germanophones.
Il est grand temps que les offices de tourisme se rendent compte du potentiel du marché suisse, de la fréquence des voyages effectués chaque année et des recettes supérieures à la moyenne, que génèrent sur place les touristes suisses en raison dun pouvoir dachat lui aussi supérieur. Et lorsquils décident de mettre la clé sous le paillasson, ces mêmes offices devraient imiter les rares intelligents qui tiennent compte de la Suisse francophone et rattachent la Romandie aux bureaux de Paris.
Dominique Sudan

