L’Egypte ferme sa représentation helvétique (Edition 2015-17)

La visibilité de la Suisse menacée à chaque fermeture

Il y a deux décennies, les offices de tourisme étrangers, réunis au sein de la puissante mais défunte association AONTES, avaient tous pignon sur rue en Suisse. Certains d’entre eux, par exemple la France, l’Italie ou l’Espagne, disposaient même d’une double représentation helvétique, Genève et Zurich. Tempi passati. Internet et les différentes sources d’information électroniques ont malheureusement sonné le glas de cette présence sur le terrain. Les budgets ont fondu, les bureaux se sont avérés un luxe et le nombre d’offices de tourisme physiquement présents en Suisse s’est ratatiné comme la fameuse peau de chagrin.

Aujourd’hui, c’est au tour d’une importante destination touristique de fermer son antenne ainsi que celle de Vienne: au pire moment, l’Egypte prend une décision qui accompagnera fort mal le plan de relance destiné à son importante industrie touristique. D’autres, certes, l’on fait avant elle (Italie, Portugal, etc.), et ont confié leurs intérêts commerciaux à des agences de représentation touristique, ou ont opté pour des actions promotionnelles essentiellement B2C. Mais dans le cas de l’Egypte, ce n’est qu’avec l’appui des spécialistes que la destination retrouvera son crédit d’antan au-près de la clientèle et renouera avec ses résultats historiques en termes d’entrées.

A chaque fermeture d’office de tourisme, c’est la visibilité de la Suisse qui est menacée à l’échelle mondiale. Lorsqu’il dépend de bureaux basés en Allemagne, notre pays est tout simplement étouffé par le potentiel de notre grand voisin et ne touche que la portion congrue en termes de budgets promotionnels et de soutien à la branche – lorsqu’il en touche une! Et on ne parlera même pas de la Suisse romande qui n’existe pas, certains pays d’outre-mer l’ayant purement et simplement assimilée aux marchés germanophones.

Il est grand temps que les offices de tourisme se rendent compte du potentiel du marché suisse, de la fréquence des voyages effectués chaque année et des recettes supérieures à la moyenne, que génèrent sur place les touristes suisses en raison d’un pouvoir d’achat lui aussi supérieur. Et lorsqu’ils décident de mettre la clé sous le paillasson, ces mêmes offices devraient imiter les rares intelligents qui tiennent compte de la Suisse francophone et rattachent la Romandie aux bureaux de Paris.

Dominique Sudan