Hausse de l’offre d’Emirates en Suisse (Edition 2015-19)

Optimisme forcé ou preuve d’un modèle à succès?

Les compagnies du Golfe ne cessent de surprendre. Dans un rayon concentré, trois acteurs majeurs semblent poursuivre un succès indéniable, chacun empruntant sa propre voie et, sans jeu de mot, volant de ses propres ailes. Emirates Airline est l’un d’entre-eux. Son image est celle d’un ogre dont l’appétit est ouvertement gargantuesque: l’ouverture d’une ligne, c’est en quotidien, sinon rien! Aussi, vu d’un marché aussi petit que le nôtre, sa stratégie donne parfois le vertige.

Pourtant, la recette semble fonctionner là où d’autres, peut-être plus limités dans leurs moyens, ont échoué. Certes, Emirates dispose d’un réseau bien établi qui relie des destinations ayant déjà fait leurs preuves. Aussi, sur l’océan Indien, mal desservi depuis nos aéroports, la clientèle helvétique se voit offrir une alterna-tive agréable et compétitive au niveau tarifaire. Quitte à transiter quelque part, autant que ce soit à Dubaï plutôt qu’à Francfort, Londres ou Paris!

A présent, on peut se demander où se situent réellement les obstacles dans un secteur comme celui de l’aérien. Qui aurait pu parier que trois transporteurs se-raient à même d’évoluer autant au départ d’une même région? Emirates Airline,
Etihad Airways et Qatar Airways ne semblent en rien se faire de l’ombre l’une et l’autre. Plus surprenant encore: toutes trois ont choisi un modèle différent, fonctionnant seule, en alliance ou par le bais de prises de participation. Une chose est sûre, les compagnies du Golfe n’ont pas fini de se faire des ennemis en Europe et peut-être dans d’autres marchés.

Le succès que rencontre une Emirates a de quoi rendre jaloux de nombreux concur-rents. Alors que certaines compagnies historiques ont renoncé depuis long-temps à programmer la First, Emirates s’apprête à la présenter dans une nouvelle version, alimentant les fantasmes les plus fous. Dès lors, on peut s’interroger: le succès vient-il d’une forme de méthode Coué, ou le modèle choisi s’avère-t-il définitivement payant dans le cadre des opérations de long-courrier? Le lancement de vols sans First sur Copenhague pourrait cependant être perçu comme un signe d’essoufflement.

Cédric Diserens