Fermeture des agences de voyages CFF (Edition 2015-23)

Lorsqu’on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage

Lorsqu’il ne s’agit pas de l’ouverture du tunnel de base du Gothard ou de l’achat de moutons pour nettoyer le bas-côtés des voies et les talus, les CFF éprouvent des difficultés certaines en termes de communication. La récente décision de fermer à la fin de l’année le réseau d’agences de voyages en fournit la preuve.

Trente agences fermeront, dont seize en Suisse romande. Il n’y aurait pas de licenciement et les apprentis en formation se verront proposer des solutions individuelles. Toujours est-il que les collaborateurs des agences ayant un taux d’occupation plus faible ont davantage de soucis à se faire que leurs collègues à plein temps.

Mais aucune autre information ne filtrera à propos des questions que se posent la branche, les CFF se contentant d’affirmer par la voie de leur service de presse «qu’ils ont décidé de se retirer du segment, car ce secteur n’a pas pu être exploité de manière rentable malgré les diverses restructurations effectuées en 2013». A l’époque, on parlait d’ajustement du portefeuille de TOs revendus par les agences CFF. Il n’en fut rien. Or, dans une note interne, il est écrit noir sur blanc que de plus en plus de clients réservent en ligne, et que cela se répercute directement sur le chiffre d’affaires, d’autant que le volume en question est généré en grande partie par les voyages intervilles. Les CFF ne se sont-ils pas rendus compte que ce segment, chez les grands comme chez les spécialistes du ferroviaire, glisse on-line depuis des années? Cela démontre que personne ne s’est vraiment occupé en 2013 de la refonte de l’assortiment dont il était question. Et que, finalement, le réseau d’agences de voyages CFF naviguait à vue, sans cap ni capitaine, malgré la lourdeur de «l’overhead» à Berne.

Car la perte, qui se chiffrerait en millions de francs sans amélioration en vue pour 2015 (sic), aurait sans doute pu se transformer en chiffres noirs si les CFF, au lieu de créer quatre catégories hybrides d’agences en 2014, n’avaient maintenu opérationnelles que les agences de voyages des plus importantes villes du pays, c’est-à-dire une petite dizaine. Selon l’adage, lorsqu’on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage.

Dominique Sudan