Lattentat qui frappait le musée du Bardo de Tunis en mars dernier semblait oublié: la saison dété, de même que la demande pour les relâches du mois doctobre, parlaient en faveur dune embellie, après une année 2014 marquée par un nouveau recul de 6% sur le marché suisse (50 237 touristes helvétiques). Au lendemain de Port El Kantaoui, le réveil est brutal.
Déjà malmenée par linstabilité politique qui suivit le Printemps arabe, lindustrie touristique tunisienne est presque au point mort, à lexception peut-être de Djerba. Il ne faut pas se voiler la face: lété qui commence sera marqué par une vague dannulations et des modifications de réservations vers dautres endroits de villégiature du bassin méditerranéen. Les grands TOs actifs en Suisse, de même que le numéro un romand Air Marin, le savent pertinemment: la Tunisie touristique a malheureusement ouvert une paren-thèse et nul nest en mesure de prédire le moment où elle la refermera.
Si le mal est profond, cest par la nature de la cible unique visée par un fanatique: la plage dun établissement hôtelier de renom. Jamais, à ce jour, les attentats perpétrés dans le pays navaient eu pour cible le poumon économique de la Tunisie. Vendredi dernier oui, avec le puissant effet déstabilisateur et londe de choc que le bilan final a immédiatement entraînés auprès des clients et de la plupart des professionnels. Avec le recul, le Bardo était peut-être un signal dalarme.
Désormais, il y aura un avant- et un après-Port El Kantaoui. Et aussi bien les TOs spécialisés que lONTT éprouveront énormément de difficulté à rassurer les esprits après les images diffusées dans le monde. Le client suisse ou européen ne de-mande quà se ressourcer paisiblement durant les plus belles semaines de lannée, les vacances. Cette paix nest plus garantie en raison de fous incontrôlables, susceptibles de frapper nimporte quand et nimporte où. Aussi lâche soit-il, cet attentat est celui de trop. Aujourdhui, la Tunisie doit impérativement prendre des mesures drastiques pour combattre ce fléau, qui ne vise que la jeune démocratie prenant forme dans un pays musulman. Mais, contrai-rement à mars dernier, la confiance semble cette fois-ci durablement ébranlée. Cest pour restaurer celle-ci que tout doit être entrepris.

