Recul du nombre d’agences IATA (Edition 2015-29)

IATA serait-elle en voie de se muer en relique du passé?

Il fut un temps où, pour une agence de voyages, arborer le logo «IATA» était un gage de qualité. En étant ainsi certifiée, elle disposait d’une visibilité étendue au niveau mondial. Sans compter que la certification représentait aux yeux d’une certaine clientèle une forme de garantie de sérieux de l’entreprise. Un argument qui figure toujours dans la liste des avantages mentionnés par IATA sur son propre site. Ce qui n’apparaît en revanche pas, c’est la lourdeur de l’administration et les différents couacs qui n’ont cessé d’alimenter la colère de certaines agences.

Depuis que le BSP s’est déplacé de Genève à Madrid, divers problèmes parfois très handicapants ont émaillé les relations déjà tendues entre IATA et les agences. Problèmes administratifs et comptables, impossibilité de joindre l’institution par téléphone, le tout compliqué par des délais qui ne cessent de se raccourcir. A tel point que les agences doutent de plus en plus de l’utilité d’une organisation comme IATA, celle-ci n’étant au final soumise qu’aux exigences de ses membres constitués de compagnies aériennes.

Aussi, certaines agences n’ont pas hésité à renoncer à émettre des billets et passent par des brokers. De la sorte, il est possible de se concentrer sur la conception des voyages, sans qu’une grande énergie ne soit déployée dans l’émission de billets qui ne sont, très souvent, plus commissionnés. Lorsque l’on sait qu’un broker peut compter dans le chiffre d’affaires de vente d’un TO et ainsi permettre d’atteindre un seuil de commission plus élevé, pourquoi s’en priver?

Il n’est donc pas surprenant de voir que dans la balance, les désavantages d’une licence IATA pèsent plus que les avantages, ce qui expliquerait la division par deux du nombre d’agences suisses certifiées en une décade. Et c’est sans compter les développements en cours. La nouvelle orientation de la distribution choisie par le groupe Lufthansa conduit inévitablement certains à s’interroger sur le futur d’une IATA et de son BSP. Pourquoi passer par un intermédiaire, si tout est traité «en direct»?

Cédric Diserens