La consolidation du segment Low Cost européen est en marche. Avant de reprendre la compagnie allemande LTU et dentrer dans le capital-actions de Belair, Air Berlin avait déjà intégré Deutsche BA (dba). Dans le domaine Low Cost, elle détient environ 8% du marché en Europe que dominent EasyJet et Ryanair, avec chacun 23 à 25% de parts de marché. Visiblement, Air Berlin veut rapidement refaire son retard et gagner des parts de marché, quel que soit le business plan des compagnies auxquelles elle sallie.
Chez EasyJet, Philippe Vignon analyse clairement la situation: «Air Berlin affiche sa volonté datteindre rapidement la taille critique. La compagnie bénéficie de la confiance des investisseurs, qui lui permettent de grandir par acquisitions. La question est de savoir comment se fera lintégration et de quelle façon Air Berlin gérera la complexité des différents produits, notamment dans le volet charter où les TOs font pression, surtout dans le long-courrier où la rentabilité nest pas la meilleure qui soit. Mais la position dAir Berlin est assez forte.»
Troisième compagnie européenne Low Cost, Air Berlin nest pas un transporteur pur et dur dans ce segment: elle sappuie sur un produit mixte qui nexclut pas la collaboration avec les TOs et les agences de voyages. Tout le contraire dEasyJet qui ne modifiera pas sa stratégie suite au double deal conclu par Air Berlin.
«Il nen est pas question. Même sur les destinations à vocation touristique que nous desservons (Olbia, Cagliari, etc.), nous constatons, au contraire que le Dynamic Packaging se développe rapidement au détriment des arrangements forfaitaires classiques. Cette tendance ne faiblira pas, elle est aussi perceptible dans le trafic Incoming généré par la clientèle de skieurs scandinaves et britanniques: il y a une dizaine dannées, la très grande majorité des passagers choisissait un forfait classique. Aujourdhui, le taux est tombé à 40%.»

