Le supplément cartes de crédit vivement combattu en Suisse (Edition 2009-20)

En Suisse, la branche estime que le modèle hollandais sera étendu aux autres marchés.

La décision a été prise aux Pays-Bas: à partir du 1er juillet 2009, KLM
et ses partenaires Air France, Northwest Airlines et Kenya Airways
exigeront un dédommagement de 7,30 euros (CHF 11,30) par trajet lors du
paiement par carte de crédit dans les agences de voyages. Les
indispensables adaptations techniques qu’imposent ces nouvelles taxes
ont déjà été réalisées par certains GDS, mais tous seront prêts pour la
date prévue. 

«On veut déjà nous faire avaler la pilule à propos des frais liés aux
GDS. Il semblait clair pour la plupart que le deuxième pas concernerait
les frais de cartes de crédit. En résumé, je constate que les
compagnies aériennes ne veulent tout simplement pas absorber les coûts
de distribution», lance Jean-Claude Fert.

Le patron de Fert est bien entendu d’avis que les Pays-Bas seront un
marché test et que cette taxe fera tache d’huile en Europe: «Je
constate aussi que le montant par trajet est élevé: les airlines, en
fonction de leur volume d’affaires, bénéficient de toute manière de
conditions bien plus avantageuses que les nôtres de la part des
instituts de cartes de crédit. Le montant fixe est totalement
disproportionné.

Il est également étonnant de constater que tout est immédiatement
compatible alors que nous, agents de voyages, insistons depuis des
années pour disposer de la fameuse Tax Box qu’on nous refuse. Encore
une fois, l’agent de voyages passera son temps à expliquer le pourquoi
du comment de cette nouvelle taxe qui pourrait simplement être noyée
dans le prix du billet. Mais là, les airlines rétorqueront qu’il
s’agirait d’une pratique discriminatoire pour les clients payant
comptant. J’estime que les compagnies aériennes devraient privilégier
la créativité au niveau des ventes au lieu de nous imposer leur
diktat», ajoute Jean-Claude Fert.

Chez TransContinental, Claude Luterbacher tient le même discours tout
en relevant qu’au moins, le montant imposé sera clairement visible dans
la facture finale: «Un nouveau problème pourrait voir le jour: certains
clients pourraient rapidement préférer le paiement cash. Les agences
courront alors un risque plus élevés en termes de débiteurs. Et qu’en
est-il de solutions comme Airplus traitant un nombre important de
transactions?».

La présidente de TPA, Sonja Laborde, abonde dans le même sens: «Il est
évident qu’il s’agit d’un test. La politique des compagnies régulières
s’aligne de plus en plus sur celle imposée par les Low Cost Carriers.
En tant qu’avant-dernier ou dernier maillon de la chaîne, je constate
que nous n’avons pas le choix. Et il est clair qu’une nouvelle fois, il
appartiendra aux vendeurs d’informer leurs clients.»   

Dominique Sudan



Pas un sujet chez Swiss


Chez Swiss, Rudolf Schumacher, Head of Sales & Marketing
Switzerland, ne cache pas que le «credit card disagio» constitue un
facteur de coûts à ne pas sous-estimer. «Différents concurrents
appliquent déjà une taxe lors du paiement par carte de crédit. Sa
hauteur varie en fonction de la société émettrice. Certaines agences de
voyages le font aussi parfois.» Actuellement, répercuter cette
taxe sur le client n’est pas un sujet pour Swiss mais la compagnie
continue d’évaluer la situation de façon sporadique.   

DS