Lyria n’abandonne pas Lausanne (Edition 2010-01)

Depuis plusieurs semaines, l’abandon de la desserte de Lausanne par les TGV Lyria est dans l’air. Or, il n’en est rien.

Dans les milieux ferroviaires romands, notamment sur l’arc lémanique,
la relation historique en TGV entre Paris et Lausanne serait sacrifiée
au profit de la nouvelle ligne du Haut-Bugey qui raccourcira le temps
de parcours entre Genève et la capitale française. Un projet qui
pénaliserait directement une grande partie de la Suisse romande fidèle
à l’axe Lausanne–Vallorbe–Paris depuis des lustres.

De fausses rumeurs balayées par Christian Rossi, directeur des TGV
Lyria: «Nous ne savons pas qui a lancé de telles rumeurs sans fondement
aucun. Le temps de parcours Lausanne–Paris bout-à-bout, soit via
Vallorbe soit via Genève, sera équivalent à peu de chose près lorsque
les travaux du Haut-Bugey seront finalisés en décembre de cette année.
Les CFF ont toujours indiqué qu’il y aura à plus ou moins long terme
trois points d’entrée en Suisse: Genève, Vallorbe et Bâle. Nos horaires
de Lausanne et de Genève (Genève passera à neuf relations par jour puis
dix au lieu des sept assurées actuellement, avec un horaire cadencé
toutes les deux heures)  seront donc complémentaires. Pour
certains trains, les horaires de Lausanne risquent de changer en 2012,
une heure plus tôt ou une heure plus tard, afin de tenir compte
des  contraintes du cadencement imposé à cet horizon par Réseau
Ferré de France (RFF) qui gère les infrastructures.»

Evoquée par certains, l’ouverture du TGV Est qui connaît un vif succès
depuis Zurich et Bâle n’a guère influencé les habitudes des clients
romands et n’est pas à l’origine d’un basculement de passagers vers la
cité rhénane. «Contrairement à la clientèle de Berne qui a
clairement choisi de passer de plus en plus par Bâle, celle de Lausanne
ou Genève est restée fidèle à ces deux axes. A la fin décembre,
Lausanne et Genève devraient finir à trafic constant ou même en très
légère hausse par rapport à 2008, en tenant compte de l’impact des
travaux sur le réseau français qui nous ont obligé à passablement de
suppressions de trains tout le long de l’année», poursuit Christian
Rossi.

Lyria va même encore plus loin: certaines rames TGV de Genève
pourraient être prolongées jusqu’à Lausanne afin de renforcer la
desserte lausannoise, forte actuellement de quatre liaisons par jour
via Vallorbe. «Une idée sur le papier qui va dépendre de nombreux
autres facteurs comme le matériel futur, les disponibilités de sillons
et la hausse du coût des péages de RFF. Cette structure totalement
indépendante de la SNCF a été réclamée par Bruxelles pour permettre
l’ouverture à la concurrence et loue les lignes à un prix kilométrique
donné en fonction de divers paramètres.

Ces péages vont considérablement augmenter dans le futur pour tenir
compte de la remise à niveau des installations rendue nécessaire après
un audit fait il y a deux ans par une société de consulting suisse»,
conclut Christian Rossi.

Dominique Sudan

Treize nouvelles rames en 2013
Lyria a donc la ferme volonté de maintenir les relations sur Lausanne,
d’autant que le temps de parcours s’est amélioré de 15 minutes en
moyenne le 13 décembre dernier grâce aux travaux réalisés entre
Vallorbe et Dijon. «Nous venons de mandater la SNCF pour qu’elle lance
en notre nom un appel d’offres pour treize rames TGV un étage
tri-courant qui seront engagées en priorité entre Lausanne et Paris,
dès 2013 si tout va bien ou en 2015 au plus tard. Les rames actuelles
seront rafraîchies pour durer jusqu’à cette échéance», ajoute Christian
Rossi.   

DS