«Easyjet fait face cette année à des conditions exceptionnelles» (Edition 2010-29)

La compagnie doit faire face à une vague de mécontentement de la clientèle. Peter Voets, Marketing Manager, remet l’église au milieu du village.
La densité du trafic est une réalité, mais les autres compagnies ne semblent pas en souffrir. Pourquoi est-ce le cas chez vous?

Etant la quatrième plus grosse compagnie en Europe, il est normal que cela nous affecte beaucoup plus. Nous opérons presque 4 fois plus de vols et transportons annuellement 4 fois plus de passagers que Swiss par exemple. Par ailleurs, la densité du trafic est une chose, les nombreux mouvements sociaux ne font qu’accentuer ceci, avec des mouvements de grève quasi permanents depuis le début de l’année en France, Italie, Espagne et Grèce. C’est dans ces pays que se concentrent 95% de nos opérations.

Ne pensez-vous pas que votre modèle d’exploitation est en cause: avec en moyenne huit rotations par avion et par jour, ne prenez-vous pas le risque d’accumuler entre 15 et 20 minutes de retard par vol, ce qui au final peut causer l’annulation d’un vol?

Nous effectuons en moyenne quatre aller retour par jour respectant toutes les contraintes en termes d’heures de vol des équipages, fermetures aéroportuaires etc. Cela a toujours fonctionné depuis 15 ans que nous existons. Cependant il ne faut pas oublier que cette année nous faisons face à des conditions exceptionnelles (météorologie, grèves à répétition des contrôleurs aériens etc…)

Pourquoi est-ce que les vols sur Berlin-Schönefeld sont souvent problématiques?

Il n’y a pas de problème spécifique sur Berlin, la médiatisation d’un cas particulier a certainement contribué à cette impression. Evidemment nous allons investiguer pour savoir exactement ce qu’il en était.

Les grèves sont une chose. Mais est-ce qu’Easyjet n’est pas pénalisée au niveau des slots par rapport aux airlines régulières?

Rien ne nous permet de conclure cela, cependant à nouveau, en tant que quatrième plus grosse compagnie européenne, les volumes de vols que nous opérons chaque jour ex-pliquent que nous soyons plus affectés que d’autres. 

Où louerez-vous les trois avions pour la haute saison? S’agit-il de wetlease?

Ces avions ont été loués en wetlease en Grande Bretagne, depuis hier un quatrième avion est venu compléter la flotte pour palier les problèmes de trafic.

Votre développement sur des destinations «balnéaires» n’est-il pas à l’origine des problèmes de rotation d’avions?

A nouveau, les problèmes que vous citez sont uniquement liés au trafic aérien et non aux types de destination.

Le segment balnéaire exige aujourd’hui une énorme flexibilité. La clientèle veut moduler son séjour. Allez-vous poursuivre dans cette voie vers Heraklion, Palma, la Grande Canarie, la Sardaigne et autre, alors que les gens demandent presque des vols quotidiens, y compris pour leurs vacances?

Nous adaptons continuellement l’offre en fonction de la demande et essayons d’être au plus juste dans le nombre de fréquences sur les différentes destinations balnéaires. Nous avons par exemple réajusté nos capacités sur la Croatie pour cette année en rajoutant deux vols/semaine sur Dubrovnik après le succès de la destination l’année dernière.

Pour ouvrir une ligne, Easyjet a toujours tenu compte d’une part (importante) de potentiel ethnique. Ce n’est pas le cas sur les destinations balnéaires citées. Pourquoi? 

Il n’est pas vrai que les destinations sont choisies en fonction du potentiel ethnique, nous avons effectivement des routes «ethniques», cependant le balnéaire ou le city breaks sont des catégories de destinations toutes aussi présentes dans notre offre.

Dominique Sudan