Agences et TOs entre rentabilité et compétitivité (Edition 2015-05)

La répercussion de la baisse de l’euro fait l’unanimité, mais engendre une surcharge de travail.

Pour VT Vacances, le choc aura été double, avec d’une part des achats anticipés d’euros et d’autre part la baisse des prix pour s’aligner sur la concurrence. Sur ce second point, Stéphane Jayet résume la décision tout simplement: «En tant que PME proactive, nous nous devons de réagir dans le ‹sens du client›. Il est évident que face aux différentes plateformes B2C et aux nombreux acteurs du marché, il serait suicidaire, pour un spécialiste comme VT Vacances, de ne pas répercuter ce nouveau taux.»

Dans le cas d’un spécialiste des villes en Europe comme Frantour/Railtour, la décision a semblé encore plus logique. Christine Ruph, directrice pour la Suisse romande: «Il s’agit de démontrer que les agences de voyages et leur fournisseurs savent réagir dans des situations difficiles et répondre aux attentes des clients.» 

Nombre d’agences ont observé des vagues de demandes après la publication de l’annonce de la BNS. Mais la question dépasse les frontières de l’euro. Stéphanie Claude (Montreux Voyages): «Certains clients voulaient savoir si la Turquie était concernée par cette réduction.» Des parallèles ont même été tirés sur les destinations liées au dollar, voire à d’autres monnaies. Valbone Hoxha (L’Atelier du Voyage): «Dans le cas du dollar, les brochures sont parues en août avec un taux qui était déjà bas, il est donc facile d’expliquer aux clients que cela ne change pas du taux actuel.» D’autres TOs travaillant à la carte, comme Jerrycan Voyages, sont moins concernés. Bruno Walker: «Nos offres sont effectuées au cours du jour, donc il n’y a pas de problème à ce niveau-là. Seule notre production «Sensations glisse», basée en grande partie sur l’euro, voit des demandes de réadaptation de la part des clients.»

Les agents apprécient et saluent la rapidité de réaction des TOs. Seules quelques décisions chagrinent, à l’instar de l’option choisie par Bentour. Mais la décision qui semble la plus discutée reste celle de la rétroactivité que propose le Club Med. Dominique Evequoz (Discovery Voyages): «Proposer cela, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Nous fournissons déjà du travail gratuit… pour gagner 15 à 20% de moins au final. Et c’est sans compter les taux de commission qui devront inévitablement être réadaptés à ces circonstances exceptionnelles.»

CD