Année record pour Genève Aéroport (Edition 2015-03)

Indispensable équilibre entre Low Cost et Legacy

Dépendre pour plus de moitié de compagnies aériennes Low Cost est une arme à double tranchant, même pour un aéroport dont l’infrastructure est de qualité: les flux de passagers y affichent une croissance régulière, mais le profil de la clientèle n’est pas celui recherché par les airlines régulières. Ce n’est fort heureusement pas le cas à Genève où Easyjet maintient année après année des taux de progression stables, qui correspondent quasiment à la progression annuelle qu’enregistre l’aéroport, toutes airlines confondues. 

Aussi symbolique soit-il, le seuil des 15 millions de passagers franchi par Genève Aéroport n’est nullement dû à la seule Easyjet, bien au contraire. Ce résultat correspondant à une croissance annuelle de 5% s’explique en premier lieu par le développement de l’offre européenne de Swiss, qui se traduit par une augmentation de trafic de 10%, et la spectaculaire envolée d’Air Canada (plus 16%), qui a augmenté sa capacité l’an dernier. Mieux, il ne s’agit dans tous les cas que de point à point, la part de transit étant proche du zéro à Genève. 

En analysant le fameux «Top 10» de Genève Aéroport, force est de constater qu’Easyjet stagne (41,85% de parts de marché en 2014 contre 41,50% l’année précédente) alors que les neuf autres Legacy, toutes membres des trois alliances mondiales, consolident leur position: sans les trois airlines du golfe Persique ne figurant pas (encore) dans ce classement des dix meilleures, ces neuf compagnies réunissent quarante pour cent de parts de marché, soit le même trafic qu’Easyjet.

Par conséquent, qualifier Genève d’aéroport Low Cost est totalement erroné: le mix actuel permet de préserver cet indispensable équilibre entre Low Cost et Legacy. Un équilibre qui devrait être garanti ces prochaines années puisque la mise en place de nouvelles infrastructures devrait avoir un impact direct sur le développement de la desserte long-courrier au départ de Genève. Le fait que les routes intercontinentales actuelles affichent une bonne santé va dans le même sens. Mais, au final, il faut aussi se souvenir que ce n’est pas le nombre de routes qui détermine le succès, mais bien la rentabilité de celles-ci qui incite les compagnies à se déployer sur un aéroport. Ou à renoncer. 

Dominique Sudan