Apprentis romands en fort recul (Edition 2010-23)

Le nombre d’apprentis a reculé de manière constante depuis deux ans avec une baisse de près de 45% par rapport à 2008.
Le délai d’inscription pour les apprentis était fixé au 31 mai 2010. A cette date, seuls dix-sept candidatures ont été enregistrées pour la Région 1 de la Fédération suisse des agences de voyages (FSAV) regroupant l’ensemble de la Romandie. 

A titre de comparaison, la volée 2009–2012 comptait vingt-cinq inscriptions et celle 2008–2011 quarante-cinq. «Mais il y a déjà deux ruptures de contrat pour le premier et sept pour le second», précise Stéphane Jayet. La baisse de 2008 à 2010 atteint donc les quarante-cinq pour cent.

En Suisse alémanique, la situation n’est guère plus reluisante et la volée 2010–2013 ne compte «que» cent-soixante-et-un inscrits. La baisse par rapport au deux-cent-dix de 2009 se monte donc à quinze pour cent, et va même jusqu’à vingt-huit pour cent lorsqu’on la compare à 2008 et ses deux-cent-quarante-neuf inscriptions. Conséquences pratiques et logistiques de ce recul alémanique: certains lieux de cours sont abandonnés, à l’image de Bâle qui n’accueillera aucune classe. Les apprentis devront se déplacer par exemple sur Aarau, soit loin de leur lieu de travail.

Si l’évolution romande montre une augmentation de la moyenne d’âge, il est ardu de savoir de quoi demain sera réellement fait. 

«Difficile de se projeter dans l’avenir de la branche, mais il serait judicieux que cette dernière se ressaisisse, quant à privilégier également ou à nouveau cet axe de formation qu’est l’apprentissage. Certains grands réseaux, tant Business que Leisure, ont clairement une responsabilité quant à la formation des jeunes, mais ne donnent pas l’impression d’en être réellement conscients.»

Pour Stéphane Jayet, cette situation est en partie due à une perte de responsabilisation de certains chefs quant à la formation de base, soit l’apprentissage. 

«Cela me choque profondément que ces personnes à responsabilités, qui ont, pour la plupart, emprunté les sentiers de l’apprentissage de commerce, oublient tout simplement que la relève dans notre profession est l’une de leurs missions.» 

Quelles que soient les raisons invoquées, financières ou opérationnelles, il reste convaincu qu’un minimum de volonté permettrait de remédier à cette situation. 

Toutefois, il relève également que la variante «stagiaire», souvent issue d’écoles privées comme l’Ecole Athéna ou l’Ecole Internationale de Tourisme représente une solution de plus en plus prisée par les employeurs du voyage.