Apprentis vaudois mieux lotis? (Edition 2010-37)

Le cycle 2010–2013 des apprentis romands laisse apparaître une grande disparité entre Vaud et ses voisins romands.
Trente-et-une inscriptions ont été enregistrées en Suisse romande pour le cycle 2010–2013 de formation des apprentis. Si l’on reste en-dessous de la volée qui a terminé en juin dernier (quarante-trois apprentis), c’est la divergence entre cantons qui frappe. Vingt-deux apprentis sont inscrits sur Vaud. Neuchâtel et Genève comptent chacun trois apprentis. Fribourg en dénombre deux et le Valais un seul.

Patricia Kohler, présidente du Groupement des agences de voyages vaudoises (GAVV): «La situation n’est pas nouvelle, et historiquement, il semble que Vaud sont un canton formateur.»

Maruska Verardo, responsable de la formation pour le Groupement des agences de voyages neuchâteloises et de l’Arc jurassien (GAVNAJ): «Cela fait déjà quelques années que nous voyons le nombre d’apprentis en baisse, mais la demande est toujours très importante. Beaucoup de responsables d’agence évoquent un certain coût et, surtout depuis la nouvelle réforme, une crainte du temps requis pour le suivi de l’apprenti.»

Pour Genève, la situation n’est que ponctuelle, comme l’explique Graziella Jayet, responsable de formation pour le Groupement des agences voyages genevoises (GAVG): «En 2010, le canton de Genève compte une quinzaine d’agences formatrices, toute année d’apprentissage confondue. Contrairement aux grands réseaux, elles n’engagent pas toutes les années, avec pour conséquence un nombre plus faible d’apprentis en 2010.»

A Fribourg, Georges Heuberger, responsable de la formation pour le Groupement des agences de voyages fribourgeoises (GAVF) confirme une nette faiblesse de l’offre: «Nous avons effectivement peu d’agences formatrices dans le canton. Le problème, similaire à celui du Valais, est que nous avons beaucoup de petites unités qui ne peuvent investir le temps requis. Parfois, certains ont même plutôt recours aux stagiaires.»

Président du Groupement valaisan des agences de voyages (GVAV), Dominique Evequoz confirme: «Il y a effectivement eu une baisse lorsque l’EST cherchait à placer des stagiaires. Mais le problème aujourd’hui est que beaucoup d’indépendants hors de la FSAV ne veulent pas d’investir dans la formation et préfèrent attendre de récupérer les apprentis formés par les autres. Nous avons toutefois réussi à inciter des et des agences comme la Perle Noire à Montana.»

Cédric Diserens

Les grands plus ou moins actifs

Toutes les régions constatent que les grands, notamment Kuoni, jouent le jeu de la formation avec plus ou moins d’énergie. «Il est vrai que nous avons un soutien formidable en termes de formation et de réseau», indique Georges Heuberger. Ainsi Kuoni forme six apprentis (trois sur Vaud, deux sur Neuchâtel et un sur -Fribourg). En revanche, TUI déçoit un peu avec une seule place à Morges. En revanche, Hotelplan étonne avec seulement deux places prévues au sein de Tourisme Pour Tous. Une situation surprenante au regard du nombre de succursales en Suisse romande même si une volonté de calquer le nombre d’apprentis engagés sur celui des places disponibles estimées à leur sortie de formation pourrait expliquer cette faible proportion.

CD