Barbey: «Les airlines changent les règles pendant le match» (Edition 2010-43)

Face à la problématique des ADM, la FSAV a demandé un avis de droit selon les termes duquel une plainte aurait des chances d’aboutir.

Le nombre de modifications de contrat communiquées par les airlines n’a cessé d’augmenter et débouché dans certains cas sur des ADM injustifiés d’un montant absurde, estime la Fédération suisse des agences de voyages (FSAV). Selon les conclusions de l’avocat zurichois mandaté récemment pour un avis de droit, les newsletters, booking policies ou ticketing policies des airlines ne sont pas juridiquement contraignantes pour autant que ces conditions n’aient pas été convenues par contrat et acceptées. En clair, les ADM résultant de fréquentes adaptations ou de modifications des conditions d’utilisation individuelles des compagnies aériennes peuvent être attaquées avec de bonnes chances de succès, estime l’avocat mandaté.

«L’un des problèmes découle du fait que les agents de voyages n’ont jamais vraiment contesté le principe des ADM. A l’époque, la bible ‹API› réglait le tout alors qu’aujourd’hui, les airlines changent les règles du jeu pendant le match, via leurs newsletters électroniques. On y trouve tout: de nouveaux sièges-lits installés à bord des avions et, plus bas, des ordres stricts en matière de réservation et d’émission de billets. C’est là que le bât blesse», lance Gilbert Barbey, représentant des Régions au comité de la FSAV et responsable de la Région 1, Romandie.

Gilbert Barbey est d’avis que l’on ne peut décemment reprocher à un agent de voyages d’avoir négligé telle ou telle information face au flux immense de news quotidiennes. «Il s’agit de toute manière de décisions unilatérales noyées dans une newsletter. Pour les membres de la FSAV, la récente action face aux ADM constitue un bon combat.»  

Gilbert Barbey d’ajouter que les airlines, lorsqu’elles se sentent acculées, entrent commercialement en matière mais de façon bilatérale avec l’agence concernée. «Cela se fait uniquement pour éviter de se retrouver devant un tribunal, au risque de créer une jurisprudence. Mais cela ne règle nullement le problème pour le reste des agences», conclut Gilbert Barbey.

La version complète de l’avis de droit en allemand comprend quinze pages. Toutefois, Walter Kunz, directeur, précise que la traduction en langue française suivra si le nombre de membres romands le justifie.

Dominique Sudan

La procédure à suivre pour contester un ADM en huit étapes

• Former une opposition motivée à l’ADM dans les 30 jours (dans la pratique, contester l’ADM dans les 30 jours via le lien BSP).

• La compagnie est tenue de communiquer sa décision dans un délai de 60 jours. Elle a l’obligation d’apporter la preuve et la légalité du bien-fondé de l’ADM.

• Intervenir auprès de Chris Humbert-Droz, IATA Genève, si l’ADM injustifié (du point de vue de l’agence) est à nouveau débité du décompte BSP.

• Refuser par écrit une décision non acceptable prise par IATA.

• La FSAV propose aux membres de collecter et d’analyser tous les cas d’ADM qui lui ont été signalés et qui s’avèrent injustifiés, ainsi que d’évaluer, en collaboration avec un avocat spécialisé et le membre, quelles sont les chances de se défendre avec succès contre l’ADM au plan juridique.

• Avant le dépôt de la plainte, la FSAV analyse les chances de gagner le procès, le cas échéant avec le soutien d’un avocat. Vérifier au préalable si le juge de paix est compétent (nouvelles négociations).

• Si l’avocat confirme les conclusions du présent avis de droit, porter plainte contre la compagnie en demandant le remboursement de l’ADM débité à tort.

• Attention: avant toute action juridique, vérifier s’il est possible de souscrire une assurance de protection juridique à cet effet et la conclure le cas échéant. L’agence de voyages qui est prête à en appeler aux tribunaux peut demander le soutien de la FSAV.

DS