Compensation aussi partielle que le chômage suite au volcan (Edition 2010-23)

Le Département de la solidarité et emploi (DES) de Genève entre en matière.
A Zurich, 57 sociétés en ont fait la demande et ont obtenu un accueil favorable de la part du département concerné. A Genève, l’accueil réservé à 17 sociétés actives à l’AIG a aussi été positif. Le dédommagement demandé pour le chômage forcé qu’ont entraîné l’éruption du volcan islandais et la fermeture du ciel européen pendant cinq jours est accueilli favorablement mais la compensation ne sera que partielle.

A l’AIG, Olivier Delétraz, chef des Relations Humaines, précise que les opérations et la sûreté ont été touchées: «Nous disposons d’un délai légal de trois pour réunir tous les documents. La caisse de chômage interviendra ensuite. Mais le dédommagement des entreprises sera faible. Tout simplement parce que la loi sur le chômage ne prévoit pas ce cas de figure. Contrairement à la Réduction d’Horaire de Travail (RHT) demandée, par exemple, suite à effondrement des commandes d’une entreprise, le volcan a touché de façon abrupte les entreprises concernées. Celles-ci ne pouvaient pas prévoir une telle issue.»

Chez Swissport Genève, Michel Glorieux, directeur, abonde dans le même sens: «La caisse de chômage est entrée en matière mais la compensation sera partielle, en dépit du fait que 80% de nos collaborateurs étaient en arrêt de travail forcé durant la fermeture.»

Philippe Dessaux, Manager Airline Handling Genève de Dnata Switzerland, salue de son côté le soutien des autorités genevoises en charge du dossier sans se faire trop d’illusions: «Nous sommes satisfaits de cet accueil favorable mais la procédure prendra du temps et la compensation ne sera guère élevée. La perte sèche est bel bien là, avec environ 80% des effectifs réduits au chômage technique. A l’avenir, il faudrait considérer l’introduction d’un tel cas de figure dans la loi sur le chômage.»

Au sein des compagnies aériennes Easyjet et Swiss, la situation n’est pas la même: pendant cinq jours, tout le personnel naviguant d’Easyjet était au repos forcé selon Peter Voets, soit plus de 500 personnes. Easyjet a donc aussi demandé à être indemnisée. Swiss, en revanche, n’a pas le même problème: son personnel naviguant, cockpit et cabine, est basé à Zurich. La maintenance, l’escale et le cargo n’ont pas non plus été touchés à Genève, au contraire.  

Dominique Sudan