Dans le noir, Skywork Airlines planche sur le futur (Edition 2015-13)

Après des années de vol à vue, Skywork Airlines a pu dégager un bénéfice brut l’an passé. Aujourd’hui, son patron, Martin Inäbnit, dévoile les projets futurs. Essor charter, vols ad hoc pour de grands événements et remplacement des Dornier sont à l’étude.

Lorsqu’il entra l’an dernier à l’état-major de la compagnie régionale bernoise, d’abord comme vice-président puis en tant que CEO, Martin Inäbnit, qui a aussi repris entre-temps la casquette de président du conseil d’administration, n’avait pas caché que les chantiers dont il avait à s’occuper étaient multiples, mais qu’il demeurait résolument confiant face à l’avenir. Il convient de rappeler qu’il reprenait alors une compagnie qui, sous sa précédente direction, avait opté pour une croissance effrénée, avec tous les risques financiers que cela présupposait. Le pire a été évité, grâce à cet ancien de Crossair et Swiss qui a été contraint de nettoyer les écuries d’Augias.

Martin Inäbnit vient d’obtenir un premier succès: comme il l’annonçait il y a deux semaines, Skywork Airlines a enregistré en 2014 le premier bénéfice brut de son histoire. Mais, précisait-il en même temps, il y a encore du pain sur planche pour assainir complètement la situation tant le poids d’anciennes charges demeure lourd.

Alors que le réseau de lignes depuis Berne/Belp était réduit de trente-quatre à dix-huit destinations l’an dernier – il demeure pour l’instant en l’état –, Skywork entend aujourd’hui renforcer le segment charter en collaboration avec différents tour-opérateurs. Parmi les nouvelles rotations programmées en été figurent, entre autres, Jersey avec Belpmoos Reisen et Heringsdorf avec Railtour. Mais il ne s’agit que d’une partie de l’offre proposée, Skywork entendant aussi développer des opérations orientées sur l’événementiel.

Au menu figurent le Military Tattoo à Edimbourg, différents meetings aériens en Europe, des programmes Wine & Dine et des grands événements sportifs comme le Championnat du monde de hockey sur glace à Prague, la Formule 1 dans le temple de Monza ou les matchs qualificatifs de l’équipe de Suisse de football en prévision de l’Euro 2016, dont la phase finale se déroulera en France. Autant d’événements qui, en raison de la proximité de l’aéroport bernois, sont aussi susceptibles d’intéresser une partie de la Suisse romande.

Au niveau opérationnel, Skywork planche sur un autre défi à relever: les cinq Fairchild Dornier 328 dont la compagnie est propriétaire depuis le début de l’année disposent d’une capacité trop réduite et devront, à terme, être remplacés par des appareils de 50 sièges. Ces derniers devront toutefois répondre à deux critères: garantir un rayon d’action suffisant et voler à la vitesse souhaitée.

Le CEO de Skywork Airlines ne s’en cache pas: le Saab 2000 constitue le seul candidat à la succession. Des appareils de ce type, qui volent actuellement pour le compte de Darwin/Etihad Regional, pourraient faire l’affaire. Mais en raison de l’opacité de la situation, aucune poursuite des négociations n’est actuellement possible. 

DS