Dialogue entre agences et groupe LH/Swiss (Edition 2015-27)

En musique, jouer désaccordé mène toujours à la cacophonie

On savait que la démarche allait en fâcher plus d’un, mais les tentatives de dialogue au sujet de la «Distribution Cost Charge» ne font qu’attiser la colère des agences. Et c’est quelque peu compréhensible. D’un côté, les questions soulevées et les problèmes évoqués sont très concrets et portent sur des points clairs (surcharge de travail liée à l’aspect incomplet du site lhgroup-agent.com, sentiment de payer pour un différend opposant airlines et GDS, manque du respect le plus simple pour le canal de distribution des agences).

De l’autre, le groupe aérien, ici représenté par Swiss, se retranche derrière un courrier qui ressemble plus à une lettre type qu’à une réponse personnalisée. Dès lors, la dynamique de dialogue ne peut s’établir et on assiste à un discours plutôt décalé. Aux problèmes et inquiétudes que soulèvent les agences, Swiss, par la «plume» de son directeur pour la Suisse romande, Lorenzo Stoll, répond par ce qui s’apparente plus à de la rhétorique pour le grand public qu’aux arguments d’un professionnel s’adressant à ses partenaires de la branche.

Ce qui est inquiétant pour les agences et ne contribue pas à apaiser la situation, c’est un discours qui sous-entend qu’il ne tient qu’aux agences de «maintenir et poursuivre nos excellentes relations d’affaires au travers d’une collaboration fruc-tueuse à l’avenir». Avec ce type de formule, les agences ont plus que jamais l’impression que les ordres viennent de l’Allemagne et de la maison mère Lufthansa. Dès lors, la valeur des interlocuteurs locaux s’en trouve remise en question.

Si tous ont compris qu’il ne faut pas en vouloir aux équipes locales, ils sont de plus en plus nombreux à affirmer haut et fort que «trop c’est trop» et qu’il serait peut-être bon de rappeler que l’agence de voyages n’est pas un automate conçu pour l’émission de billets, mais bel et bien un acteur important de la distribution. Et il y a fort à parier que des solutions peuvent être trouvées par le dialogue, pour autant que la volonté soit là. Une seule chose est sûre, si la branche devait faire face à une trop violente discorde, personne n’en sortirait gagnant.

Cédric Diserens