Etre généraliste n’implique pas un manque de savoir-faire (Edition 2014-47)

Hotelplan veut redynamiser le court-courrier

Cela fait de nombreuses années que le débat spécialiste contre généraliste anime la branche des voyages. Tellement longtemps qu’on avait presque fini de s’interroger sur une différenciation qui n’a plus forcément lieu d’être aujourd’hui, tellement l’écart s’est naturellement creusé. Il n’y a pas si longtemps, Hotelplan Suisse avait d’ailleurs pratiquement balayé toute trace de voyage individuel sur certaines destinations identifiées comme adaptées à un tourisme de masse, balnéaire de surcroît.

Les temps changent et c’est un revirement qui est opéré par le même Hotelplan Suisse. En soi, c’est une bonne nouvelle, car les reproches qui émanaient de nombreuses agences – succursales ou indépendantes – d’un manque de flexibilité flagrant vont peut-être appartenir définitivement au passé. Il y a plusieurs années que des tour-opérateurs indépendants comme VT Vacances clament, au travers de la voix de Stéphane Jayet, la nécessité d’offrir des produits avec une vraie valeur ajoutée. Des produits qui ne seraient pas «double cliquables», pour reprendre les propos de l’intéressé.

La démarche d’Hotelplan va dans ce sens et franchit même une étape puisqu’elle allie les produits conçus pour Internet au savoir-faire du voyagiste. L’outil de tour-operating dynamique fait petit à petit ses preuves et va ainsi pouvoir s’étoffer, car il va offrir bien plus que la simple mise bout à bout de produits issus de différentes bases de données (hôtelières, aériennes, etc.), avec en sus, une conception reposant sur un savoir-faire humain.

Malgré cela, Tim Bachmann souligne bien qu’il ne s’agit pas de prétendre se changer en spécialiste, concédant volontiers que l’offre proposée ne couvre pas l’entier des possibilités. Ce faisant, Hotelplan Suisse pourrait bien ménager la chèvre et le chou, cultivant sa propre distribution en ligne, sans affaiblir son potentiel et ses capacités de voyagiste. Le tourisme de masse reste certainement une source de revenu non négligeable. Mais négliger le savoir-faire pour un voyagiste, c’est prendre le risque de se noyer dans la masse.

Cédric Diserens