Fin de la surcharge pour les cartes de crédit (Edition 2015-35)

Beaucoup de bruit certes, mais bien peu de choses?

Décidément, les agences de voyages n’ont pas de répit. Après les compagnies aériennes du groupe Lufthansa, voilà que ce sont les acteurs «cachés» du secteur des paiements par carte de crédit qui se décident à venir ajouter leur goutte d’eau dans un vase déjà bien rempli. Cette fois-ci, il s’agit de venir règlementer une pratique désormais bien ancrée: l’application de frais supplémentaires pour les paiements au moyen de la monnaie plastique.

En vertu d’un «accord à l’amiable» passé entre la Comco et les sociétés de cartes de crédit que sont Mastercard et Visa, il n’est plus possible de prendre ouvertement des frais pour ce moyen de paiement. L’agence de voyages doit donc rester ouverte à autant de modes de paiements possibles – à quand les voyages payés en bitcoins ou par un compte Apple ou Google en agence? – tout en sachant qu’elle ne pourra répercuter le surcoût engendré par ceux-ci.

La mesure a de quoi irriter, d’une part en raison du délai plutôt court entre l’information à la fin juillet et l’entrée en vigueur le 1er août, et, d’autre part, parce qu’une fois encore, tous ne seront pas logés à la même enseigne. Première distinction: les sociétés de cartes de crédit fonctionnent selon des systèmes distincts. Dès lors, la mesure ne s’applique pas à des cartes comme American Express ou Diners Club. Ensuite, parce que les agences en ligne ou prestataires avec des solutions de paiement à l’étranger ne sont pas soumises au même règlement.

Mais en prenant un peu de recul, on peut se demander s’il ne s’agit pas là d’un faux problème. Certes, l’agence de voyages ne pourra plus appliquer de frais clairement estampillés «paiement par carte de crédit». Mais qui empêchera une agence d’augmenter du montant nécessaire d’autres frais, afin de couvrir le montant de la commission des différentes cartes? A vouloir règlementer à l’extrême les relations commerciales, on a plus le sentiment que l’on cherche à paver la voie de l’opacité et des pratiques détournées, qu’offrir une véritable transparence.

Cédric Diserens