Les compagnies du Golfe ne cessent de surprendre. Dans un rayon concentré, trois acteurs majeurs semblent poursuivre un succès indéniable, chacun empruntant sa propre voie et, sans jeu de mot, volant de ses propres ailes. Emirates Airline est lun dentre-eux. Son image est celle dun ogre dont lappétit est ouvertement gargantuesque: louverture dune ligne, cest en quotidien, sinon rien! Aussi, vu dun marché aussi petit que le nôtre, sa stratégie donne parfois le vertige.
Pourtant, la recette semble fonctionner là où dautres, peut-être plus limités dans leurs moyens, ont échoué. Certes, Emirates dispose dun réseau bien établi qui relie des destinations ayant déjà fait leurs preuves. Aussi, sur locéan Indien, mal desservi depuis nos aéroports, la clientèle helvétique se voit offrir une alterna-tive agréable et compétitive au niveau tarifaire. Quitte à transiter quelque part, autant que ce soit à Dubaï plutôt quà Francfort, Londres ou Paris!
A présent, on peut se demander où se situent réellement les obstacles dans un secteur comme celui de laérien. Qui aurait pu parier que trois transporteurs se-raient à même dévoluer autant au départ dune même région? Emirates Airline,
Etihad Airways et Qatar Airways ne semblent en rien se faire de lombre lune et lautre. Plus surprenant encore: toutes trois ont choisi un modèle différent, fonctionnant seule, en alliance ou par le bais de prises de participation. Une chose est sûre, les compagnies du Golfe nont pas fini de se faire des ennemis en Europe et peut-être dans dautres marchés.
Le succès que rencontre une Emirates a de quoi rendre jaloux de nombreux concur-rents. Alors que certaines compagnies historiques ont renoncé depuis long-temps à programmer la First, Emirates sapprête à la présenter dans une nouvelle version, alimentant les fantasmes les plus fous. Dès lors, on peut sinterroger: le succès vient-il dune forme de méthode Coué, ou le modèle choisi savère-t-il définitivement payant dans le cadre des opérations de long-courrier? Le lancement de vols sans First sur Copenhague pourrait cependant être perçu comme un signe dessoufflement.
Cédric Diserens

