«La FSV devait se distancier de Clubilis» (Edition 2015-02)

Spotlight Walter Kunz, directeur de la Fédération suisse du voyage. A la mi-décembre, une malheureuse mise en page dans la presse dominicale romande faisait l’amalgame entre la société Clubilis et la FSV. Cette dernière a réagi officiellement.

Walter Kunz, la FSV a réagi trois jours plus tard à l’article paru dans «Le Matin Dimanche». Pourquoi?

Tout simplement parce que cet article lais-sait accroire que Clubilis était membre de la FSV et nous voulions clairement nous distancier de cette agence.

Comprenez-vous les réactions parfois virulentes de certains membres suite à cette parution?

Naturellement! C’est la raison pour laquelle nous voulions qu’il fût clairement établi que nous ignorions que Clubilis disposerait d’une telle plate-forme directement à côté de notre entretien.

Que savez-vous de cette société à laquelle vous souhaitez ne pas être associé?

Nous savons que Clubilis ne garantit pas les fonds de la clientèle et n’est donc pas en conformité avec la loi. De plus, une agence sise à l’étranger s’est plainte auprès de nous: Clubilis aurait mis sur pied un voyage de groupe sans avoir payé, à ce jour, les prestations fournies. Selon diverses informations qui nous sont parvenues, son propriétaire aurait apparemment d’autres mauvais antécédents avec son ancienne société. Les habitudes commerciales semblent loin d’être sérieu-ses.

Pensez-vous qu’il sera possible, un jour, de mieux protéger la branche? 

Bien entendu. C’est dans ce but que nous avons aussi ouvert le chemin politique. Lorsqu’une agence fait faillite et que des clients y laissent leurs plumes, cela nuit à l’ensemble de notre branche.

Nous n’avons nullement besoin de tels moutons noirs qui ne remplissent pas les obligations légales et tirent aussi un réel avantage concurrentiel découlant du fait qu’ils n’ont pas à supporter les coûts qu’engendre un fonds de garantie.

De quelle manière peut-on éliminer les agences hors-la-loi?

Si la loi était enfin appliquée et assortie de sanctions sous la forme d’amendes salées, le sort de ces agences serait simple: soit elles disparaîtraient, soit elles opteraient pour une solution garantissant les fonds de la clientèle.

Pensez-vous la motion acceptée récemment par le Conseil fédéral soit la panacée?

Si celle-ci était adoptée par le Parlement, les agences peu sérieuses auraient peu de chance de survivre.

Un projet de licence d’agence de voya-ges pourrait-il revenir sur la table?

Personnellement, je ne pense pas qu’une licence soit la voie à suivre. Il existe bien des esprits créatifs et entrepreneuriaux. Même s’ils ne sont pas directement issus de la branche, cela ne signifie nullement qu’ils ne seraient pas en mesure d’exploiter avec succès une agence de voyages ou un tour-opérateur. Nous avons de telles entreprises dans nos rangs. Et dans la restauration, toujours plus de restaurants se distinguent, même sans patente.

DS