Le nouveau Code de conduite GDS renforcera la concurrence (Edition 2008-37)

L’Union européenne (UE) adopte un règlement visant à simplifier et moderniser les GDS utilisés par les agences.

Le Parlement européen dépoussière un Code de conduite obsolète: dans sa
nouvelle version, le Code de conduite est conçu pour redynamiser le
secteur des voyages avec des tarifs aériens plus bas, un choix plus
vaste et une plus grande transparence.

Suite à la révision du Code, les consommateurs pourront disposer d’un
choix plus vaste et devraient bénéficier d’un meilleur service de leurs
agents de voyages. En outre, le Parlement européen estime que le prix
des billets d’avion qui est maintenu artificiellement élevé par le
système actuel, pourrait baisser de 10%. Agents et consommateurs seront
aussi mieux protégés contre les abus et les distorsions de marché.

Le texte adopté estime que le Code de conduite actuel comprend des
dispositions strictes en matière de non-discrimination entre les
airlines. Celles-ci datent de l’époque où les GDS appartenaient encore
aux compagnies aériennes. Dans la majorité des cas, les GDS sont
dorénavant indépendants et les règles strictes ont pour effet
d’empêcher la concurrence et d’augmenter les coûts, commente la
Commission européenne. Cela conduit les airlines à favoriser des
approches alternatives telles que la vente de billets sur leur propre
site Internet.

La proposition de la Commission vise à offrir aux airlines et aux GDS
la possibilité de négocier librement les conditions de distribution de
services aériens. Les systèmes doivent pouvoir se concurrencer sur les
prix et la qualité des services.

Le texte adopté aborde aussi la problématique des compagnies associées
à un GDS (par exemple Amadeus): là, l’objectif est de limiter
l’influence des airlines sur les GDS et de maintenir une concurrence
effective entre les transporteurs, qu’ils participent ou non à un GDS
(mise à disposition des autres systèmes d’informations identiques
portant sur les horaires, les tarifs et l’offre disponible).

Le Parlement a aussi obtenu que les GDS fournissent des informations
compréhensibles en matière d’émissions de CO2 et de consommation de
carburant. Sur des trajets courts, ces données devraient pouvoir être
comparées avec celles de la meilleure alternative par train ou par bus.
Quant aux prix affichés dans les GDS, ils doivent comprendre toutes les
taxes, redevances et autres surtaxes, dans le but aussi de faciliter la
tâche des distributeurs. Le texte prévoit enfin que les données
personnelles collectées par les GDS soient protégées par la législation
communautaire.

Dominique Sudan

Dans la bonne direction

Chez Amadeus, Cornel Küng est d’avis que l’on va dans la bonne
direction même si l’on pourrait faire davantage. Selon lui, le degré de
libéralisation reste inférieur à celui des USA. Dans le domaine de la
protection des données, Cornel Küng estime par exemple que c’est
davantage une nouvelle réglementation qu’une déréglementation: le fait
que d’autres prestataires (par exemple IATA) ne soient pas logés à la
même enseigne dérange le Country Manager d’Amadeus. En revanche, Cornel
Küng salue la neutralité de la composition de l’offre et la concurrence
accrue. Toutefois, l’adaptation du contenu (alternative ferroviaire,
émission de CO2, etc.) peut poser des problèmes d’ordre technique: «Les
trains sont intéressants en termes de neutralité et de qualité de
conseil mais un modèle commercial doit être défini pour que la vente en
agence soit attrayante. Idem pour les données CO2 qui doivent être les
mêmes partout.»   

DS