Plusieurs groupements régionaux (GAVF et GAVNAJ) ont adressé un courrier à Lorenzo Stoll, directeur de Swiss pour la Suisse romande. Lassociation TPA en a fait de même, mais sest adressée directement à Harry Hohmeister, CEO de Swiss. Dans leur courrier, les distributeurs ne mâchent pas leurs mots, qualifiant notamment lattitude du groupe aérien de «mépris du canal de distribution principal» et de ce quil produit. Si chacun souligne lindépendance de ses membres, tous se disent prêts à agir cette fois-ci. Ainsi le GAVF et GAVNAJ estiment possible dès le mois de septembre une baisse des ventes de 20 à 25% pour le groupe Lufthansa sur les cantons de Neuchâtel, Jura et Fribourg.
Tous soulignent également limpression dêtre pris en otage sur un point qui concerne les relations entre compagnies aériennes et GDS. «Les agences apportent une valeur ajoutée à leur client, valeur pénalisée avec lintroduction du nouveau site», relève par exemple TPA. «Même si nous sommes conscients que les frais des GDS posent un problème aux compagnies aérien-nes, nous ne pouvons absolument pas accepter que les agences de voyages et par extension nos clients soient pris en otages, et ainsi obligés de réserver directement sur vos sites pour éviter ces coûts supplémentaires», écrivent pour leur part le GAVNAJ et le GAVF. De son côté, Swiss a répondu par un courrier dont TRAVEL INSIDE sest procuré une copie. Celui-ci, bien que visiblement personnalisé pour chaque interlocuteur, montre, outre un format «type», le décalage entre les deux camps opposés.
Aux points soulevés par les agences, Swiss répond, par la voix de Lorenzo Stoll, Head of Western Switzerland, en soulignant labsence de possibilité de réaliser des offres personnalisées, empêchant ainsi de garantir à «la concurrence dans lintérêt des clients» davoir lieu. Sont également mis en avant les avantages dun site comme lhgroup-agent.com, une solution jugée peu réaliste par les agences.
Face à cette situation, David Léchot, Président du groupement fribourgeois et Délégué de la Fédération suisse du voyage (FSV) pour la région Romandie, ne mâche pas ses mots: «Je suis profondément frustré en analysant la réponse fournie par la direction de Swiss. Et je ne suis pas le seul à éprouver un très vif mécontentement. Swiss nous envoie la même réponse et ne prend même pas la peine de répondre à certaines questions précises. Les agences restent les seules à pouvoir réagir face à ce diktat. Et chacun demeure libre de baisser les ventes et de proposer des alternatives», lance David Léchot.

