Les deux grands voisins à Lausanne (Edition 2015-07)

La Suisse romande, terre de spécialistes

Après des années de restructuration et une incroyable valse de CEOs, Kuoni
Suisse semble retrouver de vraies valeurs helvétiques en tenant enfin compte des spécificités des deux plus grands bassins de population du pays, la Suisse alémanique et la Suisse romande. L’arrivée de Marcel Bürgin à la tête de l’entité suisse n’y est pas étrangère: de par son parcours professionnel (direction de Manta Voyages pendant douze ans et responsable de l’ensemble du portefeuille de marques spécialisées pendant quatre autres années), l’ancien apprenti agent de voyages bâlois devenu CEO connaît l’importance des spécialistes dans le cœur des agents de voyages, en particulier en Suisse romande.

Annoncée en juillet dernier, l’ouverture à Lausanne d’une adresse commune à quatre marques de Kuoni Suisse est réalité depuis quelques jours. Mieux vaut tard que jamais, serait-on en droit de penser, tant ce développement aurait dû se concrétiser bien plus tôt. En effet, pourquoi les anciens états-majors de Kuoni Suisse ne sont-ils jamais inspirés du succès insolent obtenu par la marque Kontiki depuis qu’elle a pignon sur rue à Lausanne? C’est d’ailleurs le développement continu du spécialiste de la Scandinavie, à l’étroit dans ses anciens murs, qui a incité Kuoni à revoir la stratégie de ses marques en Suisse romande.Ce faisant, Kuoni réunit ses forces pour mieux attaquer et coller au marché francophone, qui s’est toujours distingué par une demande individuelle et sur mesure, comme l’attestent la longue histoire de Frantour/Railtour et le succès des groupes installés depuis l’année passée dans la capitale vaudoise. 

On peut estimer que la Suisse romande réalise aujourd’hui entre 25 et 30% du chiffre d’affaires total de Kuoni Suisse. Sur la base du résultat 2014 (CHF 679 mil-lions, environ), on constate qu’il ne s’agit nullement de «peanuts». Mais, diable, pourquoi le grand Kuoni Suisse ne l’avait pas constaté plus tôt? Pourquoi n’a-t-il jamais analysé la situation réelle du marché romand où son grand rival rouge, Hotelplan Suisse, maintenait une antenne forte à Lausanne, TPT, mais fermait une antenne historique à Bâle, Esco? Comment se fait-il que Kuoni Suisse ait assisté, les bras croisés ou presque, au développement régulier de plusieurs autres spécialistes du groupe TTS? Mieux vaut tard que jamais… 

Dominique Sudan