Les retailers surpris par l’annonce de Kuoni (Edition 2015-07)

L’agent de voyages reste fidèle, mais seul, au front

Inutile de s’étendre sur la manière dont la communication a été menée, le mal est fait. Des impératifs financiers ont à nouveau primé sur l’humain, mais c’est une pratique qui s’est banalisée au fil des ans. Ce qu’il faut retenir de ce que l’on aurait pu aisément appeler «l’affaire Kuoni», c’est que les agences de voyages, piliers de la distribution, ont à nouveau pu démontrer à quel point leur rôle était essentiel. En effet, aucun n’a renoncé à assumer la fonction d’interlocuteur direct du client final.

Car c’est bien cela qui est fondamental aujourd’hui. La branche des voyages comporte toujours deux camps: celui des producteurs ou prestataires, et celui de la revente. N’en déplaise à l’un, l’autre joue toujours un rôle primordial. Peu importe le nombre de portails Internet qui seront mis en place, le client final, en tant qu’être humain, requiert toujours un interlocuteur en chair et en os. Et dans la mesure du possible, pas une personne cachée dans un centre d’appel. C’est là qu’un support est essentiel.

Et la démarche est d’autant plus louable que de leur côté, les agents n’ont presque que leur confiance à mettre dans la balance. C’est d’autant plus vrai de la part des collaborateurs des agences de Kuoni. Malgré tous les discours rassurant, la réalité du marché montre qu’il n’est pas aisé d’envisager sereinement l’avenir, même si presque tous ont décidé d’aller de l’avant et d’attendre de voir concrètement de quoi demain sera fait.

Parallèlement, la démarche aura également agacé certains professionnels qui, en dépit d’une volonté de vendre les produits estampillés Kuoni, se retrouvent avec un nouvel obstacle, le système Tango et ses erreurs de jeunesse n’ayant rien fait pour calmer les esprits. 

Au final, ce qui ressort avant tout de cela, c’est que beaucoup n’ont pas apprécié se retrouver face au client, sans avoir d’éléments de réponse. Une maladresse que Marcel Bürgin, CEO de Kuoni Suisse, a bien tenté de réparer, mais, encore une fois, l’agent de voyages se retrouve toujours seul au «front», face au client.

Cédric Diserens