L’océan Indien de Kuoni chez Manta (Edition 2015-21)

Spécialisation ne rime plus vraiment avec dispersion

Cela semblait pourtant une évidence à bien des observateurs, mais il aura fallu attendre quelques années avant que Kuoni Suisse ne rassemble littéralement ses forces pour se concentrer. Depuis pas mal de temps, la structure de Kuoni fait cohabiter des marques généralistes avec des spécialistes, résultant en une sorte d’identité peu claire et avec une concurrence interne.

Ce type de structure ne peut être viable que lorsque les segments de clientèles sont résolument différents. Or, la marque Kuoni n’a jamais clairement affiché une différence profonde avec celle des filiales spécialisées. Pis, les productions ont souvent donné l’impression de se chevaucher, avec le risque d’une forme d’asphyxie en termes de contingents aériens ou hôteliers. Le scénario du spécialiste «inflexible» a même irrité de nombreux agents par le passé.

Aujourd’hui, Kuoni donne le sentiment d’aller de l’avant en réunifiant ses forces vives. Les spécialistes sont désormais regroupés au sein des différents pôles de compétences: Frantour-Railtour se charge de la production Métropoles de Kuoni, les croisières sont sous la responsabilité de Kuoni Cruises, etc. Désormais, les forces ne sont donc plus dispersées, mais bien concentrées. Reste à espérer que la démarche ne soit pas trop tardive.

La seule certitude est qu’il vaut mieux que cette stratégie soit mise en place aujourd’hui sans licenciement ou compression de personnel, plutôt que d’attendre que ce soit le futur repreneur qui décide d’alléger les effectifs en éliminant tout éventuel doublon. Sans compter qu’un renforcement des compétences ne devrait en principe qu’être bénéfique à Kuoni.

En misant sur ses spécialistes, le tour-opérateur se donne les moyens d’aller de l’avant et de se donner une chance de progresser. L’avenir dans les voyages n’est plus aux mains des généralistes, mais bien dans celles de ceux qui peuvent faire la différence sur des destinations aujourd’hui très connues, ce qui est tout à fait le cas de l’océan Indien.

Cédric Diserens