L’opacité des airlines irrite (Edition 2015-11)

L’absence de réponse claire de la part des compagnies aériennes en matière de surcharge érode sérieusement la confiance des agences de voyages.

Les agences grognent et dénoncent une certaine opacité des compagnies aé-rien-nes lorsque l’on aborde le sujet de la «Fuel Surcharge». En effet, des va-riations de tarifs inexplicables s’ob-servent dans la taxe «YQ» dont il est difficile de savoir la composition exacte. En outre, les agences doivent également faire face à une clientèle consciente de la baisse du prix du pétrole, mais qui n’observe aucune répercussion sur le prix des billets.

Chez Swiss International Air Lines, dont la «Fuel Surcharge» a disparu au profit d’une «International Surcharge», on reconnaît la légitimité de cette interrogation, comme l’indique Mehdi Guenin, porte-parole: «Fondamentalement, cette question émanant du consommateur est absolument justifiée et aisément compréhensible. Nous, les compagnies aériennes, évoluons cependant dans un marché très concurrentiel. Le prix du billet se fixe ainsi prioritairement selon la loi de l’offre et de la demande. C’est pourquoi une augmentation (ou réduction) de charges difficilement contrôlables telles que le carburant ne conduisent pas automatiquement à une hausse (ou baisse) du prix du billet pour le client. De façon analogue, l’International Surcharge est donc loin de pouvoir compenser totalement la charge que représente le carburant.»

Du côté d’Air France-KLM, on souli-gne également le caractère complexe de ce domaine, comme l’indique Anna-Lisa Repetto, Marketing & Communication Manager Alps & Balkans Region: «Nos tarifs sont basés sur de nombreux facteurs et les coûts n’en sont qu’une partie. De plus, les coûts du carburant que nous prenons en compte ne sont pas uniquement liés au prix du pétrole, mais également aux taux de change, aux résultats du hedging, ainsi qu’à la marge de craquage. La somme de ces facteurs ne nous donnent aucune raison jusqu’à présent de modifier nos tarifs.»

Chez Swiss, le kérosène représente de façon quasi-constante près de 30% des charges totales de la compagnie. «Pour que le prix du baril de pétrole ait une influence significative sur le chiffre d’affaires de la compagnie, il serait nécessaire que celui-ci demeure durablement bas, ceci afin de compenser les années de hausse sans interruption.» 

CD