En ouverture de la prochaine saison charter dhiver, Baboo, à défaut de bonnes nouvelles, aura eu le mérite de rappeler aux affréteurs certaines vérités. Dans le domaine charter, on ne navigue pas à vue.
Décriée ces deux dernières années en raison de sa cherté qui faisait augmenter de plus de cent francs le prix moyen dun arrangement, quelle que soit la destination, la solution charter Baboo a pourtant été momentanément adoptée par les deux grands. Rapidement, aussi bien Hotelplan Suisse que Kuoni ont pourtant dû se rendre à lévidence: ils avaient malheureusement misé sur le mauvais cheval, Baboo se trouvant dans limpossibilité de tenir ses engagements. Sans contrat daffrètement, la compagnie genevoise, à deux mois du début des opérations hivernales, a eu beau jeu dinvoquer ses problèmes de rentabilité pour «rompre» des contrats virtuels. Sa direction précédente avait tout simplement souffert du syndrome de la grenouille chère à Lafontaine, avec les conséquences que lon sait.
Auprès des producteurs, limage de Baboo est définitivement souillée. La confiance est rompue et aussi bien Hotelplan que Kuoni ont dû se jurer ne plus jouer cette carte-là. Edelweiss Air, compagnie de vacances chère à la clientèle romande, prendra à coup sûr le relais sur certaines destinations et sortira grandie de cette opération de sauvetage hivernal. Face à la demande quils savaient en forte croissance, pourquoi les TOs nont-ils pas opté dès le début pour des chaînes Edelweiss fiables, ne réservant aucune surprise opérationnelle?
En préférant un appareil de plus petite capacité, ils ont sans douté visé le meilleur coefficient de remplissage possible au départ de Genève, au risque de se brûler les doigts. Car si Hotelplan a rapidement rapatrié toutes les réservations romandes à Zurich, Kuoni a attendu. Et sans alternative valable, sa direction a été contrainte dopter pour lonéreuse solution transitoire Regional Airlines, quelques jours seulement avant quEdel-weiss annonce la couleur sur la mer Rouge. Aujourdhui, cest le monde à lenvers: Kuoni, qui ne souhaite pas inonder le marché dactions spéciales aux périodes creuses du début décembre et de janvier, se voit contraint de proposer les vols directs dEasyjet à sa clientèle! Aux étages supérieurs des deux grands, la leçon doit être retenue: à lavenir, il est certain que lon se concertera davantage pour proposer au marché romand des solutions aériennes communes. Cette stratégie est appliquée depuis des années en été, elle devrait lêtre aussi en hiver.
Les TOs ne lignorent nullement, qui pendant des années se concurrençaient directement sur les mêmes axes avant de tous tirer à la même corde aérienne.
