Véritable feuilleton à rebondissements, la saga Darwin contre Swiss a connu un nouveau développement juste avant Noël. Comme un cadeau, Darwin Airline a officiellement déposé plainte auprès de la Comco contre Swiss, avançant divers arguments pour souligner le manque de fair-play de cette dernière. Quelque part, on pourrait presque se croire dans un «soap opera» comme savent si bien le faire les télévisions américaines.
La démarche a de quoi laisser perplexe. Dans les faits, parmi les reproches formulés par Darwin, peu sont réellement justifiés. Certes, le contrat de wet lease sest achevé de manière étrange avec quelques errements. Néanmoins, le contrat arrivait à son terme et Swiss était libre de le prolonger ou pas. Dans une logique déconomie, il nest pas surprenant de comprendre le choix de Tyrolean pour ces opérations. Sil est difficile de commenter le problème dinterlining, le dernier reproche celui douvrir des lignes en opérations propres pour mettre Darwin sous pression est probablement le plus révélateur.
Darwin se retrouve en effet au pied du mur. Lannée dernière, lOFAC na finalement rien trouvé à redire sur le fond du partenariat avec Etihad. Sur la forme en revanche, la compagnie helvétique doit se montrer plus indépendante financièrement de celle dAbu Dhabi. Et cest là que le bât blesse: comment être rapidement rentable lorsque lon vient dun modèle de niche? Baboo a connu les mêmes problèmes. On connaît la fin de lhistoire. Or aujourdhui, Darwin doit impérativement se faire une place dans un ciel européen des plus chargés. Ceci sans compter quEtihad détient également des parts dans une certaine Alitalia proche voisine et concurrente de Darwin.
Mais il faut concéder que la situation donne le sentiment dun acharnement. Swiss est à 100% aux mains de Lufthansa, une compagnie allemande, et les opérations entre Zurich et Lugano sont effectuées avec des appareils dune compagnie autrichienne Cependant, la réaction de Darwin perd son allure de combat de coq pour sapparenter de plus en plus à un chant du cygne. Surtout lorsquelle reconnaît opérer des routes où le remplissage plafonne.
Cédric Diserens

