Premières séquelles de la saignée des CFF? (Edition 2015-31)

Baisse du nombre d’apprentis romands

C’était un point prévisible, en abandonnant son réseau d’agences de voyages, les CFF fermaient à la fois un robinet de distribution et un autre de formation. Pour la volée 2014-2017, les apprentis estampillés «Login» étaient six. Un nombre qui, une fois ajouté aux actuels treize candidats permet de retrouver légèrement la moyenne d’antan. Mais cela ne suffit pas et il serait trop facile d’accabler l’ancienne régie fédérale d’être à l’origine de tous les maux.

La formation professionnelle a ceci de particulier qu’elle dépend directement des acteurs d’une profession donnée. Pas question de passer uniquement par de la théorie, il faut du terrain. Et c’est peut-être là que le bât blesse encore et toujours. S’il n’y a pas de quoi s’affoler au vu de la relève actuellement en cours de formation (les apprentis en deuxième et troisième année), il serait peut-être bon de s’interroger et de remettre en question le rôle de certains acteurs de la branche, ne serait-ce que pour la rendre plus attrayante.

La Suisse romande dispose de réseaux qui sont encore relativement grands, que ce soit celui d’Hotelplan, celui de Kuoni ou celui de TUI. Dans le cas d’Hotelplan Suisse, le groupe peut même se féliciter de disposer d’une partie TO, de trois groupes d’agences différents entre Hotelplan, Travelhouse et Globus, ainsi que d’un réseau d’agences d’affaires avec BTA First. Chez TUI, le réseau romand offre une belle diversité de clientèle de par les emplacements des agences relativement variés.

Tout cela sans compter les acteurs du Business Travel. Et il faudrait encore compter les agences de voyages en ligne (OTA) qui ont pris peu à peu de l’importance et montré une autre facette du métier d’agent de voyages. A côté de ces acteurs de la branche, il reste un grand nombre d’agences indépendantes plus ou moins grandes et plus ou moins actives. Et c’est là qu’un effort doit être fait.

Comment justifier, au vu du paysage romand de la branche, qu’un canton comme Genève ne forme que quatre apprentis, dont trois dans les voyages d’affaires? C’est toujours mieux que rien, certes, mais on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que la République et Canton de Genève aime à se renfermer sur elle-même.

Cédric Diserens