Reprise de l’Egypte modérée mais confirmée (Edition 2014-49)

Quand un pays met sa culture en berne, le tourisme plafonne

Durant de nombreuses années, le tourisme de masse s’est emparé de l’Egypte et les abords de la mer Rouge ont fortement contribué au succès touristique de la destination. Aujourd’hui, ce même segment a repris des couleurs et même si la hausse est modérée, elle est constante. Du point de vue des spécialistes de cœur, on sent bien que cela n’est qu’une partie du public que mérite la destination. A vrai dire, il est impossible de fermer les yeux sur les trésors culturels de l’Egypte, tant ceux-ci sont évidents et nombreux.

Pourtant, ce même segment peine à reprendre. Même si certains se réjouissent de voir arriver des demandes, on est bien loin des niveaux d’avant la révolution. Et ce n’est pas un phénomène qui s’arrête au marché helvétique puisque sur place même, les opérations n’ont pas repris aussi fort que par le passé. Où est-donc le problème? On ne peut pas vraiment parler d’une couverture médiatique négative, la Syrie occupant hélas le devant de l’affiche depuis des mois. Ce qui manque peut-être aujourd’hui, c’est un signal positif venant du pays même.

Il faut comprendre par là qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un nouveau discours d’Hisham Zaazou, ministre du Tourisme, mais bel et bien des preuves que la société égyptienne est prête à entrer dans une ère de stabilité. Après, il est extrêmement complexe de déterminer d’où doit venir l’effort, les soupçons d’influences de nations tierces étant plus forts que jamais. Néanmoins, il s’agit d’une condition sine qua non pour que le public amateur des séjours culturels reprenne confiance – dans tous les sens du terme – et puisse ainsi contribuer à relancer la machine. Les plages seules ne suffiront jamais à faire vivre le secteur touristique de l’Egypte.

Reste un dernier point: le soutien des professionnels. Les spécialistes de cœur, passionnés par la destination, n’ont jamais cessé de la programmer. Ils ont porté la promotion de l’Egypte à bout de bras dans leur programme. Il est aussi temps que le ministère du Tourisme, via ses offices, apporte sa contribution. Le Maroc et la Tunisie ont démontré que cela était possible. Il faut aujourd’hui faire honneur au slogan: «Là où tout commence»!

Cédric Diserens