Skywork jette les bases d’un nouveau décollage (Edition 2014-33)

Martin Inäbnit, nouveau CEO de la compagnie bernoise, confiant face à l’avenir.

Les changements intervenus au sein de l’actionnariat de Skywork Airlines ont visiblement joué un rôle important dans l’assurance de survie de l’entreprise. Dans la pre-miè-re moitié de juillet, un groupe d’entrepreneurs et des entreprises de la région de Berne a repris la majorité des actions de Skywork, laquelle s’ancre davantage à Berne/Belp et dans la région en renonçant à délocaliser ses opérations en Allemagne.

Skywork Airlines n’étant pas cotée en bourse, rien n’oblige la compagnie à dévoiler précisément la structure de son nouvel actionnariat. Ce qui est sûr, c’est que Daniel Borer a vendu la participation de 60% qu’il détenait dans Skywork tout en demeurant proche de la compagnie en lui octroyant des conditions de leasing favorables pour les cinq Dornier 328 formant la flotte de Skywork et appartenant à sa société Centaurium Aviation – le dernier Dash 8Q-400 a quitté la flotte de Skywork, qui est liée à Centaurium par un contrat de leasing courant jusqu’à la fin 2016, simulateur compris.

«Après les spéculations faites sur la santé de notre compagnie et les chiffres rouges parfois fantaisistes articulés dans les médias, nous parlons désormais de nouveau départ. Ma priorité absolue consiste à nettoyer la maison en contrôlant strictement la structure de coûts. Nous visons à l’efficacité par un management léger et un conseil d’administration qui le sera également», lance Martin Inäbnit, seul membre dudit conseil dont les postes seront repourvus ces pro-chaines semaines, Sébastien Mérillat ayant quitté le conseil de son plein gré. 

Avouant que les chantiers dont il s’occupe sont mul-ti-ples, le CEO est résolument confiant face à l’avenir: Skywork dispose de liquidités en suffisance et ne recherche pas de nouveaux investisseurs, Berne/Belp demeure sa base, le réseau reste inchangé avec 18 destinations en été et neuf en hiver, le bilan intermédiaire fait apparaître un coefficient de remplissage de près de 70% avec 86 180 passagers du 1er janvier au 5 août dernier. Seul changement important: le basculement d’aéroport à Londres où Southend rem-place London City. «Il s’agit là encore d’un pur problème de coûts, London City percevant des montants exorbitants quelle que soit la taille de l’avion. Southend nous a soumis une bonne offre et est un peu le pendant de Berne/Belp en termes d’avantages pour le passager. De plus, l’approche constitue un atout opérationnel important (sans parler des dix minutes de vol en moins) puisque l’on évite le cauchemar de l’espace aérien londonien», précise Martin Inäbnit. Quant aux éventuels accords d’interline, de wet-lease et de codeshares, ils ne sont que musique d’avenir.

DS