Une équation à plusieurs inconnues (Edition 2009-37)

Dominique Sudan à propos de la situation des agences

A peine sorties d’un été mi-figue, mi-raisin, les agences de voyages
font le même constat à trois semaines seulement du début des vacances
scolaires d’automne, qui s’échelonneront sur les quatre semaines
d’octobre: pour cette période que tous les TOs affréteurs considèrent
comme
le point fort des quatre derniers mois de l’année, on navigue à vue. Il
est tout bonnement impossible de se prononcer aujourd’hui sur l’état
réel des réservations portant sur cette période puisqu’il n’y a pas ou
peu de réservations.

Les TOs, certes, ont adapté leur capacité charter – en tout cas à
Genève – et revu pour la plupart le niveau tarifaire moyen des
arrangements forfaitaires classiques, mais la mayonnaise n’a pas encore
pris. Comme en été, la cible visée par les TOs et les distributeurs
reste cette fameuse clientèle moyenne et familiale qui fait cruellement
défaut cette année ou qui procède aux réservations à la dernière
minute. Et ce segment-là représente la classe moyenne helvétique, la
plus sensible à la crise économique actuelle.

En Suisse romande pourtant, les agences ne crient pas famine. Lors des
différentes enquêtes effectuées ces derniers mois dans le contexte
économique que l’on sait, les indépendants font preuve d’une réelle
capacité de résistance, ceux du moins qui ne se contentent pas de jouer
les intermédiaires entre producteurs et clients et de mettre ainsi en
péril leur rentabilité annuelle en raison de la politique tarifaire
menée en Suisse. Car face au niveau moyen des prix des forfaits
classiques, autant ne plus faire du balnéaire sa priorité numéro un.

Raisonnablement, toutes déplorent un recul du volume d’affaires mais
remettent aussi l’église au milieu du village: l’exercice 2009, quelle
que soit sa difficulté, ne saurait être comparé au précédent qui avait
battu des records. Et la plupart savent aussi que cette fameuse
clientèle d’automne est cette année plus volatile que jamais. Sur
l’ensemble de l’année, les retailers se retrouvent donc face à une
équation à plusieurs inconnues. D’autant que les quatre derniers mois
pourraient être brusquement freinés par cette fameuse pandémie de
grippe porcine que tout le monde craint.

Fort heureusement, on constate que les agences de voyages pro-actives,
novatrices et proches de leurs clients ne dramatisent pas. Elles
admettent que la période est difficile – en termes de rentabilité, elle
l’est davantage pour les TOs que pour les distributeurs, c’est évident
– mais répètent qu’un traitement individuel de proximité et de qualité,
un conseil avisé et une vraie valeur ajoutée sont autant de qualités
permettant de traverses les orages, même les plus violents. Une vieille
vérité.