Le tourisme français reprend de très belles couleurs

Mais la France éprouvera des difficultés à séduire 90 millions de visiteurs étrangers comme en 2019.
© Photothèque de Paris

Pour les professionnels du tourisme en France, 2023 ressemble à une bouffée d’air frais. Après deux ans d’activité handicapée par les conséquences de la crise sanitaire sur les possibilités de déplacement à l’international, l’Hexagone redevient l’une des destinations préférées des touristes du monde entier, indique L’Echo touristique. A la fin de l’année, Atout France estime que le pays devrait même battre le record de recettes touristiques internationales établi en 2022, à 58 milliards d’euros.

C’est la clientèle étrangère – Britanniques et Américains en tête – qui opère un retour spectaculaire. Pas effrayée par l’inflation, notamment dans l’hôtellerie,  elle vient dépenser le budget qu’elle a économisé, depuis deux ans, sur son poste «voyage et loisirs». La précieuse clientèle chinoise reste par contre très timide. Les clientèles européennes de proximité, comme les Belges ou les Allemands, sont toujours au rendez-vous. Et la clientèle française, qui a soutenu l’industrie au plus fort de la crise, demeure fidèle.

La prudence reste de mise

Même s’il faut rester prudent. Alors que le début de saison n’a pas semblé pâtir des grèves liées à la contestation contre la réforme des retraites, notamment à Paris, l’image de la France est écornée après les incidents ayant suivi la mort du jeune Nahel au début de l’été. Même si le gouvernement se veut rassurant, prenant la parole en France comme à l’étranger, les professionnels du tourisme, eux, tirent la sonette d’alarme. Et témoignent les annulations  constatées au début du mois de juillet.

Ce paramètre d’attractivité est essentiel, à l’heure où la concurrence entre les destinations fait rage. L’Espagne s’attend aussi à vivre une année record, et ne compte pas se laisser faire. C’est presque le schéma pré-Covid qui se remet en place. A savoir une concurrence sur les tarifs, même si la hausse est globale, mais aussi sur le produit, l’agenda de l’été et la communication. Des domaines dans lesquels la France affûte ses armes, entre parcs de loisirs ouverts tardivement, grands événements mondiaux et campagnes ciblées à l’étranger.

Reste à savoir comment se déroulera la fin de la haute saison touristique. De nombreux paramètres extérieurs peuvent contrarier cette embellie. Car, quoiqu’il arrive, la France aura du mal à attirer en 2023, comme en 2019, 90 millions de visiteurs étrangers. (TI)